De nos jours, bien des gens sont incapables de reconnaitre les arbres qu’ils croisent, mais s’il y en a bien un qu’ils sont encore capables de reconnaitre, c’est bien l’Olivier ! Il est présent dans l’histoire de l’Humanité depuis la nuit des temps et encore aujourd’hui, c’est un symbole universel de paix.
C’est à ce monstre sacré que nous allons nous intéresser aujourd’hui, car au-delà de son huile si précieuse et de ses olives indispensables à nos apéritifs, l’Olivier est un remarquable allié sur le plan médicinal…
BOTANIQUE
L’Olivier est un arbre qui a donné son nom à sa famille botanique, puisqu’il fait partie des Oléacées, à laquelle appartiennent aussi le Frêne, le Lilas et le Jasmin, entre autres espèces.
Son nom scientifique, Olea europaea est trompeur car l’Olivier est originaire du Proche-Orient, plus précisément de Syrie, où il a été domestiqué il y a plus de 6000 ans ! Le mot olea vient d’un mot grec qui signifie huile.
Etonnamment, pour un arbre qui est tant apprécié par les humains depuis si longtemps, il n’a que ce nom commun pour le désigner : on l’appelle Olivier commun ou Olivier franc selon les régions, ou encore Oléastre pour les espaces sauvages qu’on différencie ainsi des espèces cultivées (on en trouve beaucoup en Numidie, en Grèce ou en Sicile : il est d’ordinaire plus petit, grêle, et tortueux que son cousin domestique). Les langues d’Oc du sud de la France lui ont donné quelques noms supplémentaires, comme oulivié, ampoulaou ou mouraou. Mais quand on parle d’Olivier, tout le monde sait de quoi on parle exactement, aucun doute là dessus !
C’est un arbre caractéristique des régions méditerranéennes où sa culture est particulièrement répandue, car il adore les climats chauds et secs. Les coteaux exposés au soleil et les terrains bien drainés et pierreux sont les lieux qui lui conviennent le mieux : c’est un arbre de soleil et de rocaille, qui pousse abondamment en Provence et dans le sud de la France. On le trouve aussi beaucoup au Proche-Orient et en Afrique.
Chez nous, les Oliviers ne sont pas très grands : ils atteignent en général 10 à 15 mètres de hauteur et poussent jusqu'à 800 mètres d’altitude, maximum. Ce qui est amusant, c’est que l’Olivier est plus ou moins grand suivant les lieux où il pousse ; les Oliviers provençaux sont plus grands que ceux du Languedoc, et en Afrique, il devient carrément un arbre de haute futaie, ce qui est inimaginable en France !
Par contre, c’est un arbre très robuste et à croissance lente, qui a une longévité hors du commun : il peut vivre pendant plusieurs siècles, voire pendant plusieurs millénaires. On l’a longtemps considéré comme quasi-immortel, car il supporte très bien la sécheresse (pour peu qu’il soit un peu abrité du vent !), et même s’il craint plus l'excès d'humidité et le gel intense, il est capable de faire de nombreux rejets et de renaître après un hiver rigoureux dès l'année suivante. De plus, un un arbre malade, vieux ou coupé est toujours remplacé par un autre individu présentant exactement le même génotype. Il se multiplie par graines, par rejetons, par boutures, et même à l'aide de simples lambeaux d'écorce que l'on enterre dans un terrain bien ameubli. C’est pour cette raison qu’en Provence, on dit que le bois d’Olivier, même coupé et une fois transformé en outil, est encore vivant : il faut le huiler (avec de l’huile d’Olive, bien sur) régulièrement pour l’entretenir, comme pour la peau !
Et c’est vrai que peu de bois sont aussi riches de nuances et de veines de couleurs : c’est un bois très dur et noueux, qui se polit bien. On en fait, encore de nos jours, des manches de couteau, des boîtes, des corbeilles à fruits et des meubles d’une grande beauté, c’est vraiment un bois très recherché et couteux.
Son tronc de couleur grise présente un aspect crevassé et tortueux,. Ses nombreux rameaux portent des feuilles vert cendré (on appelé ça un vert glauque) luisantes sur le dessus et blanc/vert clair argenté sur la face intérieure, très fines et coriaces, qui persistent en hiver (un Olivier n’est jamais totalement déplumé, ou alors il y a un gros problème !!). Les feuilles durent en général 3 ans, puis elles jaunissent et tombent naturellement au cours de … la période estivale ! C’est donc un arbre qui perd (une partie de) ses feuilles en été !!
Ses petites feuilles minces et dures sont aussi exceptionnelles car elles sont capables de réduire le processus de photosynthèse en cas de sècheresse, et de fermer leurs stomates, réduisant ainsi les échanges gazeux, leur évapotranspiration et donc leurs pertes d’eau : ce processus naturel de protection permet à l'Olivier de survivre longtemps sans eau.
Entre les feuilles vont se cacher de toutes petites fleurs blanches réunies en grappe. Elles éclosent par centaines entre avril et juin chaque année. Ce sont elles qui vont donner naissance à la fameuse olive. Techniquement, ce fruit est ce qu’on appelle une drupe bien charnue : de couleur verte au départ, elle devient noire à maturité (entre octobre et janvier, généralement), avec un noyau dur à l'intérieur. C'est de la chair noire de l’olive à maturité qu'est extraite la célèbre huile d'olive.
Malheureusement à l’heure actuelle, nos oliviers sont en grand danger : en effet, le réchauffement climatique a permis le développement de champignons qui se régalent de nos hivers plus doux et nos printemps plus humides et qui sont de terribles ravageurs pour nos oliveraies.
Ainsi, l’oeil-de-paon, la verticilliose et la cercosporiose font peser une menace très grave sur nos plantations actuelles : depuis quelques années, les pertes sont énormes et la vitesse de propagation des maladies est encore accentuée par la monoculture prônée par l’agriculture intensive. En effet, l’homogénéité génétique a augmenté la vulnérabilité des oliveraies face aux maladies et aléas climatiques : 4 variétés représentent l’essentiel des plantations mondiales. Or, quand tous les arbres partagent le même patrimoine génétique, un seul pathogène capable d’atteindre une seule variété peut potentiellement ravager des milliers d’hectares.
C’est ainsi que la bactérie Xylella fastidiosa, introduite avec des plants de caféiers du Costa Rica dans les plantations des Pouilles en Italie, a décimé des millions d’oliviers dans le Sud de l’Italie ces dernières années : la production s’est effondrée de 94% en 10 ans. Il n’existe à ce jour aucun remède curatif : on ne peut qu’arracher les arbres contaminés pour essayer de limiter la propagation. autant vous dire que les autorités françaises surveillent sa progression dans le Sud de la France avec angoisse, même si pour le moment, la souche la plus destructrice pour les Oliviers y est encore marginale…
L’Olivier et l’huile d’Olive sont donc en train de devenir un produit de luxe, précieux et rare. Les savonnières en savent quelque chose, qui ont vu le prix de leur huile de base multiplié par quatre ces dernières années !!
Il est d’autant plus temps de s’occuper de la sauvegarde des Oliviers que cet arbre contient de nombreux principes actifs médicinaux intéressants pour l’homme, notamment des principes amers, dont l'oleuropéine ; des triterpènes dont l’acide oléanolique ; des flavonoïdes ; des acides phénols comme l'acide caféique ; des tanins hydrolysables et des phytosterols. Autant de richesses à sauver pour ne pas voir s’éteindre une source plusieurs fois millénaires de bienfaits pour les hommes…
HISTOIRE
L’Olivier est cultivé par les humains depuis 6000 ans environ : on pense qu’il est originaire du Proche-Orient et serait ensuite passé en Égypte et en Crète d'où Cécrops, célèbre héros de la mythologie grecque, fondateur d'Athènes, l'aurait rapporté en Grèce seize siècles avant notre ère. L'Olivier se fraye entre la Vigne et le Blé une place d'exception parmi les végétaux les plus précieux pour l’homme, depuis la nuit des temps.
C’est l’arbre le plus cité dans la Bible : il est considéré comme le primum arborum, le premier (ou le roi) des arbres, comme une nourriture divine et un onguent sacré et il est souvent le sujet de paraboles. Normal, car la culture de l'olivier était connue chez les Hébreux dès le temps de Job, et très pratiquée du temps de Moïse, et l'on discute toujours pour savoir si les Oliviers du jardin de Gethsémani sont ceux qu'a vus le Christ lors de son agonie. On pense de manière très sérieuse qu’il s’agit de rejets de deuxième génération, ce qui signifie que leur souche, en tout cas, a sans doute plus de deux mille ans et on peut les considérer comme ayant été contemporains du Christ !
Dans les traditions juives et chrétiennes, l'olivier est symbole de paix : sur le tombeau d'Adam, premier homme, premier géniteur, naquit un Olivier, d’après la Bible. C’est de cet Olivier que fut détachée la branche qu'une colombe apporta à Noé : c’est probablement à cause du rôle qu'elle joue dans le récit de la fin du déluge, que la feuille d'Olivier a été regardée dès lors comme l'emblème de la paix - elle annonçait le terme de la colère de Dieu contre un monde pécheur. Et la croix du Christ, selon une vieille légende, était faite d'olivier et de cèdre.
Les Grecs, et les Romains à leur suite, ont eux aussi vénéré cet arbre : (à tel point qu’ils n’en confiaient la culture qu’à des vierges et des hommes purs.) c’était de l'huile d'olive vierge, très pure, que l'on brûlait dans les lampes des temples. En Grèce, l’Olivier domestique était un arbre sacré qui était dédié à Athéna et le premier olivier, né d'une querelle d'Athéna avec Poséidon, était conservé comme un trésor derrière l’Erechteion à Athènes. En effet, il arbitra la rivalité qui opposait la déesse Athéna et le dieu Poséidon, pour la possession d'Athènes. Les dieux décidèrent, en effet, que la cité appartiendrait à celui des dieux qui lui offrirait le présent le plus utile. Poséidon, dieu de la Mer, intervint le premier et, d'un coup de son trident, fit jaillir une source sur l'Acropole ; car la Grèce, déjà partiellement déboisée et désertifiée à l'époque, avait grand besoin d'eau. Hélas ! le dieu de la mer, comme la plus belle fille du monde, ne pouvait donner que ce qu'il avait : ce fut donc une source salée qui jaillit de l'Acropole, menaçant de stériliser les cultures. Le cadeau de Neptune ne fut donc pas apprécié. En revanche, Athéna, déesse de la sagesse, fit surgir le premier olivier, donnant ses fruits et son huile. La victoire lui revint et la ville prit son nom.
Les Athéniens vénérèrent longtemps le vieil olivier de l'Acropole qui fut brûlé, en tant que symbole de la cité, lors du sac de cette dernière par les Perses de Xerxès. Mais on prétend qu'il repoussa sitôt après avoir été consumé…
L’Olivier sauvage, lui, était consacré à Apollon ; on en ramenait des montagnes pour les replanter devant ses temples, ou bien on choisissait pour bâtir ceux-ci un lieu où les Oliviers sauvages croissaient en abondance, et on y suspendait des présents et les vieilles armes.
Et qu'il soit d’Athéna (domestiqué) ou d'Apollon (sauvage), un Olivier frappé par la foudre annonçait, suivant les augures, la rupture de la paix. Inversement, on représentait les rois avec un rameau d’Olivier à la main pour souligner leur règne pacifique. Et à la vue d'un simple rameau d'olivier, présenté par l'ennemi vaincu, les phalanges grecques ou romaines arrêtaient aussitôt leur marche.
On trouve des références à l’Olivier partout dans le monde antique :
- à Sparte, la feuille d'Olivier était l'insigne des Irènes, jeunes gens de vingt ans, puceaux, engagés volontaires pour servir dans les corps d’élite. A Rome, les nouveaux époux portaient des guirlandes d'olivier, et l'on en couronnait aussi les morts que l'on portait au bûcher. ]
- c'est avec un pieu en Olivier qu'Ulysse terrassa le cyclope dans L'Odyssée.
- Et c’est autour d’un tronc d’Olivier qu’Ulysse a bâti son lit, permettant ainsi à Pénélope de le reconnaitre car il est le seul à savoir que son lit n’est pas déplaçable… Ulysse qui est conseillé tout au long de ses aventures par la déesse Athéna, la déesse de l’olivier, comme par hasard…
- une couronne du même arbre était le prix de la victoire aux jeux Olympiques spécifiquement (alors qu’il s’agissait de Laurier pour les Jeux de Delphes), car la massue d’Héraklès, qui avait institué les Jeux Olympiques était fait en bois d’Olivier. Dès qu’il la ficha en terre, elle prit racine et redevint un arbre !
L'huile d'olive se vit aussi reconnaître des vertus magiques : on la croyait capable de capter les énergies maléfiques. Le christianisme, qui a repris à son compte bon nombre de symboles païens, la fit aussi entrer dans la composition des saintes huiles et du saint chrême (ce dernier étant un mélange d'huile d'olive et de baume) pour l'administration des sacrements.
L’Islam n’est pas en reste : l'olivier est pour les musulmans l'arbre béni, central, l'axe du monde, symbole de l'Homme universel, du Prophète. L'Arbre béni est associé à la Lumière, l'huile d'olive alimentant les lampes. L'olivier symbolise en définitive le Paradis des élus, rien que ça !
L’Olivier devint rapidement une denrée très recherchée par les Athéniens durant le siècle de Périclès, d’autant plus que le beurre n’était utilisé à l’époque que dans la composition de baumes et de drogues médicinales : l’huile d’Olive était donc extrêmement recherchée au niveau alimentaire. En particulier, c’est en exportant l'huile d'olive qu'Athènes payait ses importations de blé : la ville s'était réservé le monopole de l’huile d’Olive qu’elle exportait à un coût fort élevé. On trouvait déjà sur les marchés les diverses qualités encore produites et vendues actuellement.
L'huile de première pression, d'abord, ou huile vierge, strictement réservée à l'alimentation, obtenue en pressant modérément et à froid les olives mûres dans des sacs de toile. L'huile de deuxième pression résultait d'une pression plus accentuée des olives broyées au cours de la première pression ; elle servait à fabriquer des onguents et des savons fins, car l’huile d’olive a un grand pouvoir lavant. Enfin, l'huile de troisième pression était réservée aux lampes à huile.
Durant l’Antiquité, les feuilles d'olivier étaient aussi exploitées en phytothérapie pour leurs propriétés médicinales : elles servaient déjà à désinfecter les plaies cutanées, les Anciens leur reconnaissant des vertus antiseptiques et la capacité à combattre les infections.
Le bois d'Olivier était très utilisé aussi car il est particulièrement dense. On l'utilise alors pour fabriquer des ustensiles de cuisine, des saladiers, des manches de couteau dont la veinure rend chaque pièce unique.
On l'utilisait donc aussi bien pour s'éclairer dans les maisons à la nuit tombée, la brûler sur les autels et dans les temples, préparer des aliments, s'en oindre le corps ou se soigner à l'aide de macérations de plantes.
En Extrême-Orient aussi, l’Olivier était révéré : selon une légende chinoise, le bois d'olivier neutraliserait certains poisons et venins, ce qui lui confèrait une valeur tutélaire. Et au Japon, il symbolise l'amabilité, ainsi que le succès dans les études et les entreprises civiles ou guerrières : c’est carrément l’arbre de la victoire. En Inde aussi, l'olivier symbolise la pacification et l'apaisement. Il est sacrifié pour mettre fin aux guerres et offert aux puissances de la nature afin d'apaiser leur colère.
En France, les premiers oliviers semblent avoir été introduits par les Phocéens qui fondèrent Marseille au VIIe siècle avant Jésus-Christ et les Espagnols le planteront dans les contrées les plus reculées d’Afrique pour reconstituer leur territoire natal. Aujourd'hui, on en trouve également aux États-Unis, au Japon et en Amérique du Sud.
Dès la seconde moitié du Moyen Âge, le développement des villes entraîna une plus grande consommation de viande ; l'accroissement des troupeaux provoqua une détérioration des oliveraies que les agriculteurs préférèrent abandonner. A cette époque, l'olivier recule. Sa renaissance s'effectue entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, quand on en plante de nouveau en Provence et en Languedoc. Il est aujourd'hui inséparable des paysages du Midi.
Et puis, au 19eme siècle, la phytothérapie française a recommencé à s’intéresser à l’Olivier pour ses propriétés médicinales. Cette expérience s'est par la suite propagée au travers le monde, en partie grâce aux travaux du célèbre docteur Leclerc. Car au début du XIXè siècle, les médecins militaires français ont eu l’idée d’utiliser la feuille d'olivier comme succédané du quinquina pour lutter contre le paludisme. Cependant, avec l'essor des antibiotiques, ces usages traditionnels sont progressivement tombés en désuétude.
Ce n'est qu'en 1995 que les professionnels de santé modernes se sont à nouveau intéressés à l'extrait de feuille d'olivier, avec des résultats très encourageants au niveau métabolique et cardio-vasculaire, en particulier. Depuis, de très nombreuses études et méta-analyses ont mis en évidence les multiples avantages thérapeutiques de cet arbre qu’on redécouvre.
CULTURE ET CUEILLETTE
Pour un arbre sain et en forme, il est conseillé de planter l'olivier dans un sol pauvre, rocailleux ou bien drainé : il aime être planté au printemps et il se plaît aussi bien seul qu'en compagnie d'autres individus de son espèce pourvu qu'on lui laisse la place nécessaire au déploiement de ses branches. On le place idéalement dans un endroit très ensoleillé et à l'abri du vent. C'est plutôt l'excès d'eau qui le met mal à l'aise. De façon générale, l'olivier ne donne pas de fruit avant sa troisième année. La taille n’est pas indispensable pour faire fructifier l’arbre, mais elle améliore son rendement, donc en général, une taille par an, c’est l’idéal (évitez les périodes de gel et celles qui précèdent la floraison bien sûr). L'Olivier prend son temps. Ses récoltes augmenteront généralement d'une saison à l'autre, pourvu qu'il reçoive la chaleur de l'été.
La maturité des fruits survient généralement entre la fin du mois d'août et le mois de février. La couleur des olives varie selon la période à laquelle elles sont récoltées : elles sont vertes lorsqu'elles sont cueillies prématurément et noires lorsque la récolte est tardive.
La technique de récolte utilisée va essentiellement dépendre de ce à quoi les fruits sont destinés : les olives de table sont récoltées à la main tandis que les olives destinées à la fabrication de l'huile sont récoltées à l'aide de râteaux.
Une fois vos olives récoltées, si vous avez la chance d’en avoir un près de chez vous, vous pouvez faire comme mon grand-père qui apportait sa récolte au moulin à côté de chez lui (il habitait en Provence) pour les faire presser et il repartait ainsi avec ses quelques litres d’huile d’olive personnelle !!
Si ce sont les feuilles qui vous intéressent, vous pouvez les récolter avant la floraison lorsqu'elles sont matures et encore bien vertes, en général pendant l'été. Le séchage est long car la feuille est plutôt coriace. Certains la sèchent au four à des températures allant jusqu'à 65°C, mais un séchage simple sur un drap dans un endroit chaud et sec comme un grenier est amplement suffisant : quand elles se brisent facilement, c’est qu’elles sont bien sèches ! Vous pouvez ensuite les Conserver dans un endroit sec et à l'abri de la lumière.
CUISINE
Qu’elles soient vertes, noires ou violettes, les olives sont incontournables dans la cuisine, notamment méditerranéenne. L’huile d’Olive aussi, bien sûr !
Par contre, avez-vous déjà essayé de goûter une olive crue sur l’arbre ? Son goût est très amer et astringent, carrément désagréable (voire immangeable d’après Jean Racine qui s’en plaignait dans une lettre à Mr De La Fontaine), c’est bien pour cela qu'on corrige le goût en les lessivant et les faisant macérer dans une saumure avec diverses plantes aromatiques.
Les olives vertes se récoltent en septembre ; elles passent dans une lessive composée de quatre parties de cendre de bois pour une partie de chaux ; elles y restent le temps nécessaire pour que le noyau se sépare facilement de la pulpe et que l'épiderme vire au jaunâtre ; on les place ensuite dans de l'eau renouvelée pendant quatre à cinq jours jusqu'à ce qu'elles soient débarrassées de toute alcalinité ; puis on les conserve dans une saumure renfermant 60g de sel pour 800g d'eau. Pour obtenir des olives noires, on attend que les fruits atteignent leur complète maturité, qu'ils soient entièrement noirs et ridés ; on les saupoudre de sel, puis on les fait sécher au soleil sur des claies avant de les conserver dans l’huile.
Les olives possèdent un fort pouvoir calorique : elles contiennent 11% de lipides, essentiellement des acides gras mono-insaturés (acide oléique) qui jouent un rôle essentiel au niveau métabolique. C’est pour cela que l’huile d’Olive est très intéressante à intégrer dans un protocole alimentaire.
La zone où pousse l'olivier a dessiné en France une sorte de frontière culinaire naturelle : au sud, la cuisine à l'huile ; au nord, la cuisine au beurre. On en a même tiré un film fameux avec Louis de Funès et Bourvil, pour les cinéphiles, « La Cuisine au Beurre » : c’est la cuisine à l’huile qui gagne !!
Quand aux feuilles, elles sont aussi plutôt astringentes et légèrement amères, mais une certaine douceur se dessine en fond de bouche.
PROPRIÉTÉS ET UTILISATIONS
L’Olivier est une plante médicinale importante, même si ses vertus ont longtemps été éclipsées par l’utilisation alimentaire de son huile et c’est un arbre qui suscite l'intérêt croissant de la phytothérapie moderne : ce n’est que récemment, vers 1930, que la science a découvert ses propriétés les plus intéressantes, au niveau cardio-vasculaire, qui est la sphère d’action la plus recherchée de l’Olivier à l’heure actuelle.
1/ Sphère cardio-vasculaire :
En effet, parmi ses composants, on retrouve un iridoïde, plus exactement un hétéroside amer appelé l'oleuropéoside, qui manifeste un fort effet hypotenseur artériel (qui diminue la pression artérielle), efficace même sur de l’hypertension essentielle (c’est-à-dire qui n’est pas relié à une problématique nerveuse), car c’est surtout sur le minima que s’effectue la baisse de tension.
C’est le fameux docteur Leclerc qui a mis en exergue le premier les mécanismes de l’Olivier sur la tension : il favorise une bonne circulation sanguine et agit à la fois comme vasodilatateur et diurétique (grâce à la présence des flavonoïdes). L’effet vasodilatateur permet d’élargir la tuyauterie (les artères) pour permettre au sang de passer plus fluidement et l’effet diurétique permet d’évacuer une partie du liquide en augmentant le volume des urines : moins de liquide dans un réseau de « plomberie » plus large, forcément, il y a moins de pression et la tension descend ! De plus, l’Olivier fait régresser les oedèmes et diminue le taux d’urée sanguine.
Traditionnellement, on dit que la feuille d’Olivier « nourrit le coeur ». On conseille donc l’Olivier en cas d’hypertension, mais aussi d’artériosclérose (quand l’artère coronaire est partiellement bouchée), d’artérite, de coronarite, en prévention primaire et secondaire des maladies cardio-vasculaires en général, car l’Olivier a démontré des vertus anti-athéromateuses, vasculo et cardio-protectrices.
On peut alterner des cures d’Olivier et d’Aubépine, autre grande plante du coeur et des artères. Ou aussi l’associer avec le Ginkgo biloba en cas d’insuffisance vasculaire et cérébrale, ou avec l'Agripaume pour un soutien cardiaque complet. De plus, riche en polyphénols et en flavonoïdes, l'olivier possède une action anti-inflammatoire et antioxydante naturelle, qui aide à lutter contre les effets du stress oxydatif et du vieillissement cellulaire : encore un atout pour la santé cardio-vasculaire !
De plus, la répétition du traitement ne fait aucunement diminuer l'efficacité de la plante, ce qui est encourageant et assez rare dans le monde la phytothérapie. On peut donc prendre l’Olivier sur le long terme.
Ces effets de l’Olivier sont puissants, et démontrés par un nombre impressionnant de méta-analyses au niveau mondial : l’effet anti-hypertenseur de la plante est aussi efficace que le Captopril, qui est un médicament de référence pour les hypertensions légères à modérées, avec une réduction significative de l’hypertension mais aussi des marqueurs inflammatoires et du taux de LDL-cholestérol. C’est là que ça devient intéressant !
2/ Sphère digestive et métabolique :
Comme la Sauge, l'Olivier a aussi (surtout ?) des propriétés très intéressantes au niveau du métabolisme digestif , en particulier des sucres et des graisses. On sait depuis longtemps que l’huile d’olive, consommée régulièrement, a des effets bénéfiques sur le cholestérol car sa haute teneur en vitamine A et E, et en acides gras mono-insaturés (acide oléique) la fait considérer comme particulièrement équilibrée pour un usage quotidien. Ça fait partie du fameux « régime méditerranéen » !
Ce qui est intéressant, c’est qu’on a changé de prisme de lecture ces dernières années : avant, on pensait qu’ili fallait se débarrasser du « mauvais » cholestérol, le LDL, car il risquait de boucher les artères et provoquer un accident cardiaque. On pensait donc que le cholestérol était la « cause » qu’il fallait éradiquer.
On sait maintenant que le cholestérol est une molécule essentielle au bon fonctionnement de notre organisme, à la création de nos cellules et au maintien de notre métabolisme global, c’est bien pour cela qu’il faut en avoir, sinon, on meurt (c’est le « bon » cholestérol », le HDL). Le problème, c’est quand le corps fait face à une inflammation « de bas grade » : il cherche à calmer l’inflammation généralisée de l’organisme, et pour cela, il envoie en quelque sorte du cholestérol faire un « pansement » dans les artères. Mais à force d’envoyer des pansements, on peut les boucher, et l’accident arrive ! Le LDL n’est donc pas réellement la cause du problème, mais plutôt la conséquence du problème : l’inflammation de bas grade que subit notre organisme à cause du stress, d’une mauvaise hygiène de vie et alimentaire, etc… L’idée n’est donc pas d’éradiquer le LDL, mais de faire baisser le niveau d’inflammation de l’organisme et d’améliorer la digestion pour que celui-ci n’ait plus besoin d’envoyer du cholestérol dans les artères… et à ce jeu-là, l’Olivier est également très intéressant !
En effet, les feuilles et les bourgeons d’Olivier ont une action hypolipémiante, c’est-à-dire qu’elles favorisent la production de « bon » cholestérol, le HDL, et aide à la réduction du LDL. C’est une plante qui soutient le foie et qui a des vertus cholagogues (qui améliore la production de bile). Ce qui en fait un bon soutien après un repas copieux ou en cure détox.
L’un n’allant pas sans l’autre, l’Olivier a aussi des propriétés hypoglycémiantes vérifiées : il est donc très intéressant à conseiller en cas de cholestérolémie, mais aussi en cas d’insulino-résistance, de diabète de type 2 ou de syndrome métabolique global. En association avec un régime alimentaire adapté, il va permettre de ralentir l’absorption du glucose, de rééquilibrer le cholestérol et d’améliorer la digestion dans son ensemble. Ce qui permettra de baisser le niveau inflammatoire général de l’organisme, et incidemment, d’améliorer la tension. La boucle est bouclée !
Pour le métabolisme des lipides, on peut l’associer avec l’Artichaut, et en cas de syndrome métabolique, d'insulinorésistance, ou de diabète de type 2, on privilégiera plutôt le chardon-Marie et le curcuma : en tout cas, en ce qui concerne le métabolisme des sucres, on le l’utilisera pas seul, il sera clairement plus efficace en association.
La tisane de feuilles d’Olivier sont très efficaces car la plupart des composés actifs sont hydrosolubles : elle se fait en décoction car les feuilles d’Olivier son très résistantes, à raison de 5g par tasse : on fait bouillir à feu doux cinq minutes puis on infuse encore 10 minutes et on boit 2 tasses dans la journée. En cures discontinues de 3 mois : 5 jours par semaine avec une pause d'une semaine chaque mois.
La décoction permet d'utiliser légèrement moins de feuille que si vous faisiez une infusion. Afin de libérer encore plus de constituants, vous pouvez briser les feuille grossièrement avant d'en faire une infusion ou une décoction.
Pour ceux qui seraient rebutés par l’amertume de l’Olivier, la gemmothérapie (macérât de bourgeons frais) est une alternative très intéressante : on prend 10 à 15 gouttes par jour, pures ou diluées dans un peu d'eau. Laissez agir quelques minutes sous la langue avant d'avaler. Vous pouvez répartir ce dosage en 1, 2 ou 3 prises par jour et faire une cure de 21 jours.
L’olivier améliore le fonctionnement hépato-biliaire, mais il active également les fonctions intestinales : l’huile d’olive est notamment utilisée en cas de constipation hépatique pour ses vertus laxatives douces (consommer 30 à 60g d’huile à jeun). Pour la prévention de la lithiases biliaire, on peut en prendre 1 cuillère à soupe le matin à jeun avec une tasse d'eau chaude et du citron, en cure printanière pendant 3 semaines. Elle se recommande même pour aider à l’évacuation des calculs biliaires déjà formés.
Enfin, il a aussi une action anti-microbienne utile en cas de dysbiose ou de candidose digestive (avec l’Echinacée). Bref, l’allié de la digestion, c’est l’Olivier. Attention tout de même à ses propriétés astringentes qui peuvent irriter les estomacs sensibles, c’est pour cela qu’on conseille parfois sa prise plutôt pendant les repas.
3/ Divers :
L’Olivier est aussi stimulant immunitaire et fébrifuge : couplé à son action anti-inflammatoire, antivirale et antibactérienne, cela fait de l’olivier un outil réellement intéressant contre les infections rebelles. De par ses vertus anti-inflammatoires, il est aussi d’utilité reconnue en cas de douleurs articulaires ou de troubles chroniques à bas bruit. Et on l’utilise aussi en cas d’hypothyroïdie frustre ou débutante, en association avec l’Avoine.
Sous forme de bourgeons, l’Olivier a démontré des propriétés intéressantes en cas de névralgie faciale, et de névroses phobiques ou obsessionnelles, Alzheimer ou Parkinson, à cause de son action sur le cerveau, en association avec les bourgeons d’Aulne et de Romarin.
Enfin, en externe, l’huile d’Olive est aussi un support très intéressant en dilution des huiles essentielles, ou en fabrication d’onguents, car elle permet une bonne pénétration des actifs et préserve l’élasticité de la peau. Mêlée à un blanc d’oeuf, elle permet aussi de calmer extrêmement rapidement la douleur d’une brûlure, et aide à la cicatrisation. elle est également très efficace sur les coups de soleil. On la recommande en massage des gencives contre le déchaussement des dents.
On trouve aussi l’Olivier sous forme d’élixir floral : c’est le remède du surmenage et de l’épuisement, suite à un effort trop important.
4/ Précautions d’emploi :
L’olivier est une plante très sécuritaire : il n’y a pas de contre-indication connue, même si on conseille aux femmes enceintes de prendre l’avis dune médecin avant de commencer un traitement à base de feuilles d’olivier, par précaution.
Pensez tout de même que, de manière très logique, la prise de feuilles d'Olivier peut augmenter l'effet des médicaments hypotenseurs et hypoglycémiants, ou s'ajouter aux effets de plantes aux propriétés similaires : donc si vous êtes sous traitement médicamenteux, prenez soin de le préciser à votre médecin ou à votre pharmacien avant de vous prendre un traitement phytothérapique à base de feuilles d’olivier, par précaution, mais sachez qu’on peut tout à fait associer l’Olivier avec les traitements classiques.
SYMBOLISME
S’il y a bien un arbre dont on connait le symbolisme, c’est l’Olivier : on l’a déjà dit, c’est un symbole de PAIX universel. Il symbolise plus précisément la paix entre la terre et le ciel…
Mais c’est aussi un symbole de GÉNÉROSITÉ et de fécondité : on pourrait croire qu'un arbre qui pousse en sol pauvre sous un climat sec et chaud, se préoccuperait de sa seule survie. Pourtant il donne des fruits à la valeur énergétique phénoménale, et peut en produire sur 1 000 ans !
Pour cette raison, c’est aussi une symbole de LONGÉVITÉ, et de PERSÉVÉRANCE, voire d’ÉTERNITÉ et de SAGESSE. L’Olivier nous relie à notre légende personnelle, à nos racines d’humanité, lui qui nous accompagne depuis si longtemps…
Enfin, l’Olivier, qui apporte DOUCEUR et LUMIÈRE, est aussi un symbole de VICTOIRE sur les ténèbres et de puissance.
Alors, vous reprendrez bien une petite Olive pour l’apéritif ??
Article rédigé par : Magali Lugan, Herbaliste certifiée — École Lyonnaise des Plantes Médicinales et des Savoirs Naturels


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Note de l'autrice :
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FOIRE AUX QUESTIONS
1. Quelle partie de l'Olivier utilise-t-on en phytothérapie ?
Ce sont principalement les feuilles (en tisane ou décoction) et les bourgeons (en gemmothérapie) qui sont utilisés pour leurs propriétés médicinales, notamment cardio-vasculaires et métaboliques.
2. Comment préparer une tisane de feuilles d'Olivier ?
Idéalement, on fait une décoction : 5g de feuilles par tasse, faire bouillir 5 minutes à feu doux puis couper sous le feu, bien couvrir la casserole et laisser encore infuser 5 à 10 minutes. Boire 2 à 3 tasses par jour, en cures discontinues de 3 mois (5 jours par semaine). Vous pouvez préparer les tasses de la journée, en une seule fois, bien sûr et boire dans la gourde tout au long de la journée. N'hésitez pas à ajouter un filet de jus de citron si le goût ne vous convient pas...
3. L'Olivier est-il efficace contre l'hypertension ?
OUI : plusieurs méta-analyses (au niveau mondial) montrent un effet anti-hypertenseur comparable à celui du Captopril, un médicament de référence, avec en plus une réduction des marqueurs inflammatoires et du LDL-cholestérol ! L'Olivier fonctionne en cas d'hypertension d'origine nerveuse ET en cas d'hypertension d'origine essentielle (non liée au système nerveux).
4. L'Olivier a-t-il des contre-indications ?
C'est une plante très sûre, sans contre-indication connue. Toutefois, elle peut potentialiser l'effet des traitements hypotenseurs et hypoglycémiants : il est conseillé d'en parler à son médecin ou pharmacien si vous suivez un traitement médicamenteux, par précaution.
5. Pourquoi l'Olivier est-il associé à la Paix ?
Cette symbolique remonte à la Bible : c'est la branche d'Olivier que la colombe rapporte à Noé après le déluge, annonçant la fin de la colère divine. Elle est devenue depuis l'emblème universel de la paix...
6. Peut-on associer l'Olivier à d'autres plantes ?
Oui, il se combine bien avec l'Aubépine ou le Ginkgo biloba pour la sphère cardio-vasculaire, et avec l'Artichaut, le Chardon-Marie ou le Curcuma pour le métabolisme des sucres et des graisses, par exemple.