Angelica archangelica : son nom latin, loin d’être rébarbatif, est poétique et enchanteur, il évoque les confiseries d’antan et de miraculeuses vertus… L’Angélique est bien plus qu’une simple plante, elle a toujours eu une place spéciale dans les jardins médicinaux et dans les traditions herboristiques, c’est une véritable icône parmi les plantes médicinales utilisées depuis des siècles en médecine traditionnelle européenne, car c’est la plus grande et l’une des plus précieuses de nos plantes aromatiques indigènes (elle a même failli disparaitre, victime de sa grande réputation et de récoltes excessives au siècle dernier) !
On l’utilise en cuisine bien sûr, pour son goût unique, mais l’Angélique est aussi renommée en phytothérapie pour ses grandes propriétés médicinales, au niveau digestif, immunitaire et nerveux, notamment ! En 1810, le Docteur Bodard disait même, à propos de l’Angélique : « Si cette plante avait le mérite d’être étrangère, elle serait aussi précieuse pour nous que le Ginseng l’est chez les Chinois ; elle se vendrait au poids de l’or. » On n’est jamais prophète en son pays, dit-on…
Alors, si vous êtes curieux, penchons-nous d’un peu plus près sur le cas de l’Angélique…
Aujourd'hui, nous allons donc vous parler de :BotaniqueHistoireCulture et cueilletteCuisinePropriétés et utilisationsSymbolisme
BOTANIQUE
L’Angélique est une plante de la famille des Apiacées (anciennement appelée les Ombellifères), originaire de l’Europe du Nord et de la Sibérie. On la trouve jusqu’au Groenland, ou elle est un des uniques légumes cultivables !
Il existe de nombreuses espèces d’Angélique, notamment en Amérique du Nord et en Asie, au Japon et en Chine, qui sont toutes utilisées pour leurs propriétés médicinales et qui sont très réputées, en particulier l’Angélique chinoise, ou Dong Quai, qui est un remède majeur en Médecine Traditionnelle Chinoise. On trouve aussi chez nous de l’Angélique sylvestre, mais nous allons nous concentrer sur l’Angélique médicinale la plus courante et réputée : l’Angélique Archangélique… oui, rien que ça !
Je précise tout de même que, bien que les différentes espèces d’Angélique aient la réputation d’avoir des propriétés médicinales fort différentes, leurs compositions chimiques ne diffèrent pas tellement, et l'expérience clinique démontrerait plutôt que les espèces sont assez proches sur le plan thérapeutique. Mais revenons à notre Angelica archangelica !
Son nom vient du grec "aggelos", qui signifie messager. On l’appelle aussi Angélique officinale, Archangélique, Surangélique, Herbe aux anges, Racine du Saint-Esprit, Herbe impériale, Angélique de Bohême, ou encore Mort Ortie.
L'Angélique est une grande herbacée qui peut mesurer entre 1 m et 2,50 m de hauteur, et qui possède de grandes feuilles dentées, et de grandes ombelles étoilées de fleurs d’un jaune verdâtre. Cette bisannuelle a aussi une racine très forte, qui supporte une tige verte épaisse très rameuse, et creuse à l'intérieur. Le fruit de l’Angélique est ce qu’on appelle un diakène, un petit fruit sec assez dur, jaune clair ou marron clair, ovale et aplati.
Si vous tombez sur de l’Angélique des bois, il est facile de les différencier : cette dernière est colorée de pourpre et ses fleurs sont rose bonbon, c’est magnifique !
L’Angélique pousse naturellement en Europe du centre et du nord, allant s’épanouir jusqu’en Russie, dans les pays scandinaves, au Groenland, aux îles Féroé et même en Islande, dont elle aime les sols humides et riches en nutriments que l’on trouve fréquemment là-bas. C’est une plante qui aime les lieux froids et humides, tels que les bords des fossés et des étangs.
L’Angélique contient des huiles volatiles très riches en terpènes (particulièrement concentrées dans les graines), des furanocoumarines (on va y revenir), des phytostérols, des lactones, des sucres, des flavonoïdes et des acides phénoliques, dont le fameux acide angélique. Bref, une mine de molécules très intéressantes sur le plan médicinal !
Mais avant, un peu d’histoire :
HISTOIRE
Etrangement, l’Angélique était ignorée des Anciens. C’est en Scandinavie, au 10eme siècle qu’on en trouve les premières traces, ainsi qu’en Laponie, en Irlande et en Norvège : dans ces contrées boréales, L’Angélique est regardé comme une des plus importantes plantes locales, elle est employée à des fouilles d’usages et les hommes donnent même différents noms à ses diverses parties, ils ne se contente pas d’un seul nom !
Les Norvégiens font du pain avec la racine et mangent les jeunes tiges tendres, ou s’en servent d’assaisonnement. Les Lapons, eux, préparent, avec les boutons des fleurs bouillis dans le petit lait de renne, un extrait aromatique et astringent utilisé pour ses propriétés médicinales. Les semences servent à la teinture des tissus (jaune-vert à brun clair).
A partir du 12eme siècle, l’Angélique a été cultivée dans les jardins de curés et les jardins monastiques de toute l’Europe centrale, pour ses vertus culinaires autant que médicinales. Elle est ainsi arrivée dans le Poitou à une époque où de nombreuses abbayes s'installaient dans la région. Elle y a probablement été rapportée par des moines venus de Suède, fraîchement christianisée.
La légende raconte alors que lors d’une épidémie de peste, l’archange Raphaël aurait révélé les incroyables bienfaits de l’Angélique à un ermite pendant son sommeil, notamment sa capacité à lutter contre cette terrible maladie. A son réveil, le moine appela la plante en question Angélique, en souvenir de cette révélation divine. Et Carl von Linné, l’inventeur de la classification botanique moderne, ayant toujours aimé les belles histoires, il a gardé le nom !
Et c’est bien dans la lutte contre la peste que l’Angélique a acquis ses lettres de noblesse : on se met à la cultiver à grande échelle, on la consomme comme un légume et elle entre dans la composition de nombreux remèdes. Face aux épidémies de peste qui traversent l'Europe, la racine d'Angélique est alors un remède de choix, très réputé, qu'il suffit de mâcher pour se prémunir de la maladie. Et pour que ce soit agréable, les sœurs du couvent de la Visitation Sainte-Marie de Niort ont l’idée de la confire avec du sucre, pour corriger un peu « la sauvagerie de son goût »,comme dit le fameux agronome Olivier de Serres. Et voilà comment sont nées les fameuses confiseries qui allaient faire la réputation de la ville de Niort !! L'Angélique de Niort devient très vite une spécialité renommée dans toute l'Europe. Plus tard, elle s’exportera même jusqu'aux États-Unis. On en produira jusqu’à une dizaine de tonnes par an.
Le célèbre médecin suisse Paracelse racontait de son côté que de nombreux Milanais ont réussi à échapper à la grande épidémie de peste de 1510 grâce à une ordonnance qu’il a formulée, qui consistait en une poudre d’Angélique dissoute dans du vin. Paracelse lui-même aurait réussi à se guérir de cette maladie grâce à ce breuvage qui renforçait selon lui les capacités d’autodéfense de l’organisme et agissait comme une barrière bactériologique. Forte de ces vertus, elle a été cultivée dans tous les monastères d’Europe.
En même temps, comme remède contre les épidémies de peste, c’est pas garanti : pour être honnête, en 1602, à Niort, un premier cas de peste diagnostiqué dans une auberge fait craindre une épidémie dévastatrice. On est alors en pleine période de foire, un événement qui attire chaque année des milliers de visiteurs. A l’époque, on avait dit que les Niortais avaient échappé à la contagion, car ils avaient coutume de mâchouiller des racines d'Angélique et de mettre des colliers de graines de la plante autour du cou des enfants. Mais les archives de la municipalité livrent une autre version : les autorités avaient simplement décidé… de faire disparaître les pestiférés en les faisant mener en dehors de la ville, afin de ne pas causer de panique. Mais l'épidémie, comme partout, décima les deux tiers de la population niortaise. Bref, si l’Angélique a bien des propriétés anti microbiennes marquées, son efficacité était quand même fortement surévaluée…
Il n’empêche qu’on n’a pas tardé, à cette époque, à l’utiliser pour ses diverses propriétés médicinales : contre la rage, toutes sortes de venins, les fièvres, le scorbut. Tout comme le ginseng en Extrême-Orient, l’Angélique a longtemps été considérée comme un puissant tonique capable de guérir tous les maux. Globalement, on utilisait l'Angélique pour traiter les infections respiratoires et les troubles digestifs, les vertiges, migraines, céphalées, et en prévention des infections, de la malaria et de la fièvre typhoïde (et ils n’avaient pas tort)… On utilisait aussi ses graines pilées pour éliminer les poux !
Elle était souvent utilisée dans la préparation de panacées et d’élixirs de longue vie, comme l’eau de Mélisse de Carmes, la Bénédictine, le Vinaigre des 4 voleurs, l’eau d’Arquebusade, le Baume du Commandeur ou la liqueur de la Grande Chartreuse.
On lui attribuait aussi des propriétés médicinales plus fantaisistes, qui plaisent doublement aux religieux : l'Angélique rendrait en effet heureux et chaste. Dans le même temps, elle est aussi réputée pour ses propriétés revitalisantes et on la retrouve dans la composition d’aphrodisiaques, alors…
La plante est également réputée dotée de pouvoirs magiques. Ses feuilles sont de puissants talismans contre les sorts et enchantements, tout comme ses tiges fleuries que l'on dépose sur le parvis des églises. l`Les parents mettaient un bout de sa racine autour du cou des enfants, en guise d’amulette, pour les protéger des maladies. Sans doute que l’efficacité de l’amulette venait du fait que les enfants suçaient régulièrement ce pendentif…
Au début du XVIIe siècle, les apothicaires fabriquaient une amulette fort à la mode mais dont le prix relativement élevé ne convenait qu'à la noblesse. Il s'agissait d'une noisette trouée remplie de vif-argent puis entourée d'un emplâtre contenant de nombreux éléments comme la racine d'Angélique. L'ensemble obtenu, de la grandeur d'une paume de main, était enveloppé dans un échantillon de soie rouge et porté sur soi.
Lors des fêtes païennes d'antan, les parents de Saintonge et d'Aunis (anciennes provinces situées dans le département actuel de Charente-Maritime) accrochaient plus simplement une racine ou une tige d'Angélique au cou de leurs enfants pour les préserver des sortilèges.
D’ailleurs, les sorcières avaient la réputation de ne pas pouvoir toucher les plants d’Angélique, ce qui était un moyen sûr de les repérer !
On brûlait aussi les tiges sur des braises, pour dégager une fumée aromatique censée favoriser les visions. En Laponie, les poètes avaient pour habitude de s’en faire des couronnes, dont l’odeur devait leur apporter l’inspiration.
C’est aussi une plante qui était réputée pour attirer la chance : les Pyrénéens accrochaient des ombelles fleuries d'Angélique au plafond. En séchant, les fleurs répandaient dans toute la maisonnée une forte odeur censée porter bonheur aux habitants. L'Angélique serait également bénéfique pour la paix des ménages. Près de Pont-Audemer, tous les pêcheurs rentrant généralement bredouilles pouvaient s'éviter les remarques ironiques de leurs épouses en versant du jus d'Angélique dans un cours d'eau. Le liquide parfumé était censé attirer tous les poissons, à l'exception des carpes toutefois. Rien n'est jamais parfait !
Elle avait aussi la réputation de ramener à la maison une femme infidèle et de porter chance au jeu : de la Russie aux États-Unis et au Nouveau-Mexique, les joueurs embrassaient maintes fois une racine fraiche d’angélique au cours de leurs parties. Et de promettre longue vie : en 1759, un Niçois du nom d'Annibal Camoux périt à Marseille à l'âge de 121 ans (d'autres écrits plus optimistes encore évoquent 125 ans). On expliqua sa longévité exceptionnelle par son habitude de mâcher presque continuellement des racines d'Angélique.
L'Angélique, comme nombre d'autres ombellifères, a la particularité d'être photosensibilisante, aussi les mendiants de la Cour des Miracles n’hésitaien-ilst pas à se fouetter les bras et les jambes avec ses tiges fraîchement coupées, provoquant ainsi scrofules, pustules et autres ulcères afin de susciter la pitié des passants.
On s’est aussi servi de l’huile essentielle d’Angélique en parfumerie et pour la fabrication de divers produits cosmétiques (savons, shampoings, crèmes, onguents…). L'Angélique a même servi à aromatiser des cigarettes !!
De l’autre côté de l’ Atlantique aussi, les Indiens d’Amérique l’utilisaient dans les troubles respiratoires et la tuberculose.
L'Angélique fait encore aujourd'hui l'objet d'un commerce relativement important grâce à un agriculteur passionné, Pierre Thonnard, qui a relancé la production d’Angélique dans les années 1980 : les fermes poitevines produisent à nouveau tiges confites, confitures, liqueurs. Mais la récolte des racines, des feuilles et des graines, parties les plus dotées de propriétés médicinales, plus délicates et plus coûteuses en main-d'œuvre, est un peu tombé en désuétude… alors même que ses propriétés médicinales se voient aujourd’hui confirmées par la phytothérapie moderne !
L’Angélique n’est pas assez exotique aux yeux de certains… alors que dans le même temps, elle est depuis quelques années devenue un Superfood aux États-Unis, mise en avant dans de nombreux compléments alimentaires, même les fabricants de cosmétiques s'y intéressent.
Avec un peu de chance, elle devrait bientôt redevenir une panacée en Europe…
CULTURE ET CUEILLETTE
La culture de l’Angélique dans votre jardin est relativement délicate : les graines vieillissent mal, et sont assez difficile à faire germer, mais c’est une plante qu’on trouve facilement en jardinerie, alors je vous conseille plutôt de l’acheter sous forme de jeunes plants, en godets.
Comme dans son habitat naturel, elle aimera avoir les pieds humides, un sol riche et des arrosages fréquents. N’oubliez pas de bien lui pailler les pieds pour retenir l’humidité.
Si ses grandes tiges se couchent complètement au sol, c’est signe de soif intense, arrosez-la vite, elle devrait retrouver sa splendeur en quelques heures ! En terme d’exposition, ça va dépendre des régions, généralement, elle n’aime pas trop le plein soleil, sauf au nord de la France, à vous de tester… Une fois bien installée par contre, elle nécessite peu d’attention, et attire les abeilles et autres pollinisateurs au jardin.
La première année, l’Angélique se concentrera sur la production de feuilles, alors que les tiges et les fleurs n’apparaîtront que la seconde année. Tout s’utilise dans l’Angélique : vous pouvez récolter les tiges à la fin du printemps ou au début de l’été pour les confire, tandis que les racines se récoltent préférentiellement à l’automne de la première année, car c’est une bisannuelle, et vous pouvez aussi récolter les graines et les feuilles.
La racine est très difficile à faire sécher entière : elle pourrit vite vu la masse d’humidité intérieure, il faut donc couper la racine en lamelles avant de les faire sécher. Elle se gardera alors 2 à 3 ans sans problème.
Vous pouvez aussi récolter les graines matures, mais elles perdent leurs propriétés plus vite, donc je vous conseille de les congeler, plutôt que de les sécher !
Les tiges et les feuilles n’ont que peu de propriétés par rapport aux racines ou aux graines : on utilise les tiges uniquement pour la gourmandise, sous forme confites, et vous pouvez utiliser les feuilles sous forme de tisane contre la fatigue, l’anxiété et pour la digestion, mais la feuille perd ses propriétés au séchage, donc c’est intéressant uniquement en feuilles fraîches.
Attention, l’Angélique est photosensibilisante : protégez-vos bras et vos mains si vous êtes sensibles et évitez de vous exposer au soleil après. Si vos enfants veulent faire des sarbacanes, des flutes ou autres jouets avec ses tiges, comme dans l’ancien temps, expliquez-leur qu’il fait les laisser sécher avant…
CUISINE
L’Angélique a vraiment un goût très particulier, très aromatique et puissant, un peu âcre, un peu amer et doux en même temps, c’est parfumé, à la fois suave et musqué, c’est une plante qui a un profil gustatif riche et complexe, on peut l’utiliser de plein de manières différentes en cuisine.
Bien sûr, l’usage traditionnel, c’est la confiserie : Niort s’est fait une spécialité des tiges confites, des liqueurs, des confitures et des bonbons aux fruits d’Angélique.
Contrairement aux tiges de rhubarbe qui se cuisent au four, celles d’Angélique se cuisent dans un sirop.
Pour les « becs sucrés », si vous voulez vous essayer aux friandises, je vous ai mis quelques recettes sur notre blog, comme d’habitude.
Notez d’ailleurs que vous pouvez confire les racines au lieu des tiges, si vous voulez bénéficier de leurs propriétés médicinales bien plus grandes, comme on le faisait au Moyen-Âge.
Un grand merci à Sylviane Leveillé-Cottin, François Couplan et Christophe Bernard pour leurs recettes d’Angélique ;)
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Recette sauvage - Angélique confite
de François Couplan
Ingrédients
• tiges d’Angélique
• eau
• sucre
Coupez les tiges en tronçons d’une dizaine de centimètres de longueur et pelez-les délicatement.
2. Faites-les bouillir dans de l’eau pendant une demi-heure.
3. Égouttez les morceaux de tiges puis mettez-les à bouillir une demi-heure dans un sirop de sucre composé d’un même volume d’eau et de sucre. Conservez toute la nuit les tiges dans leur sirop.
4. Le lendemain, faites les bouillir à nouveau dans le sirop de sucre pendant une demi-heure puis laissez les macérer dans le sirop.
5. Répétez le même processus quatre jours de suite.
6. Sortez alors les morceaux de tige du sirop, égouttez-les soigneusement, puis faites-les sécher dans un four entr’ouvert.
Conservez l’Angélique confite dans une boîte en fer-blanc dans un lieu frais et sec. Gardez aussi le sirop qui a acquis un peu des vertus digestives.
Avec ça, vous pourrez faire une galette niortaise :
Recette Galette niortaise à l’Angélique
de Sylviane Leveillé-Cottin (La cuisine des Charentes et du Poitou, éd. Gisserot)
Ingrédients :
600g de farine
350 g de beurre
4 œufs
300 g de sucre, un sachet de levure alsacienne
100 g d’Angélique confite coupée en petits morceaux
Sel
Étapes :
Faire préchauffer votre four à 200 °C.
Casser trois œufs dans une terrine, saler et battre au fouet.
Ajouter le sucre et mélanger jusqu’à ce que le tout prenne une consistance homogène et légèrement mousseuse.
Incorporer alors la farine en pluie et 200 grammes de beurre préalablement ramolli.
Pétrir la pâte en incorporant peu à peu la levure.
En fin de pétrissage, incorporer les morceaux d’Angélique.
Laisser lever la pâte durant deux heures.
Placer la galette dans un moule à tarte à bords étroits beurré ou recouvert d’un papier sulfurisé. Dessiner des stries à la surface à l’aide d’une fourchette puis dorer avec le jaune du dernier œuf. Faire cuire durant 45 min. Démouler la galette une fois qu’elle est refroidie.
Recette Confiserie médicinale (racines)
de Christophe Bernard
Comme ce sont les racines qui ont des propriétés médicinales, ce sont elles que nous allons confire dans cette recette, même si elles sont moins savoureuses que les tiges.
1. Récoltez vos racines d’Angélique fraîches. Ne gardez que les plus dodues. Passez-les sous l’eau et brossez-les pour enlever la terre. Coupez- les en tronçons de 5 cm de long. Faites-les blanchir pendant 5 minutes jusqu’à ce que les racines se laissent facilement transpercer par la pointe d’un couteau. Égouttez et pesez-les.
2. Placez vos racines dans un plat en pyrex. Pour chaque 100 g, placez dans une casserole 100 g de sucre et 50 ml d’eau. Faites bouillir ce sirop pendant 5 minutes. Versez le sirop bouillant sur les racines dans le plat en pyrex. Elles doivent être bien recouvertes. Si ce n’est pas le cas, faites plus de sirop. Couvrez et laissez reposer une nuit.
3. Le lendemain matin, passez les racines et le sirop dans une passoire de cuisine. Récupérez le sirop et replacez les racines dans le plat en pyrex. Faites bouillir le sirop à nouveau et versez-le sur les racines d’Angélique. Couvrez et laissez reposer une nuit. Répétez l’opération pendant 5 jours. Le sirop deviendra de plus en plus épais.
4. Égouttez les racines et laissez-les bien refroidir. Roulez-les dans un peu de sucre roux ou de rapadura pour leur donner un petit aspect croustillant. Conservez-les dans un bocal stérilisé dans un endroit frais. Elles se gardent pendant plusieurs mois. Consommez un tronçon avant les repas, ou simplement pour vous faire plaisir après un bon après-midi passé au jardin.
Vous pouvez aussi utiliser l’Angélique comme aromate en boulangerie si vous faites votre pain, la faire en compote, comme pour la rhubarbe, encore elle. On peut d'ailleurs ajouter des feuilles d’Angélique pour aromatiser la compote de rhubarbe. Il faudra veiller à les prendre jeunes et tendres, avant floraison. Vous pouvez aussi les ciseler comme du persil ou les faire cuire comme des feuilles d’épinards, d’après le célèbre ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages comestibles. Ou en ajouter dans des quiches salées (avec du chèvre par exemple), des omelettes, des soupes, des plats à base de poisson ou des tajines de légumes pour un sucré-salé-acidulé !
On en trouve aussi dans de nombreuses recettes de liqueurs, mais là, je n’ai pas les recettes, qui sont souvent secrètes…
PROPRIÉTÉS ET UTILISATIONS
L’Angélique est une plante qui a une énergétique réchauffante et asséchante, surtout lorsqu’il y a stagnation de fluide. Elle est aussi diffusive et bien pénétrante, elle a une signature « air » assez marquée ((tige creuse, feuillage découpé, aromatique), c’est-à-dire qu’elle apporte un mouvement, une légèreté, la respiration, la communication.
Alors, personne ne s'est donné la peine de mener des études cliniques en bonne et due forme afin de vérifier l'efficacité thérapeutique de l’Angélique, mais son utilisation empirique et les analyses pharmacologiques de la plante ont permis de valider plusieurs points.
1/ Sphère digestive :
L’Angélique est avant tout une grande plante digestive, notamment en ce qui concerne les troubles digestifs « hauts » (estomac) : c’est ce qu’on appelle une « tonique amère » de premier ordre, qui a vraiment la capacité de relancer les digestions défaillantes, notamment en stimulant les sécrétions gastriques et pancréatiques insuffisantes.
- Stomachique grâce à ses composants amers, elle permet de stimuler l’appétit (intéressant pour les convalescents ou en soutien en cas d’anorexie légère), et de tonifier la contraction des muscles lisses digestifs.. Du coup, elle permet une meilleure digestion et assimilation des nutriments, et une meilleure distribution (de par ses effets circulatoires) vers l’ensemble du corps. ainsi, on la recommande pour la personne âgée qui voit ses fonctions digestives se dégrader, a du mal à tolérer les aliments denses d’une manière calorique (protéines et lipides), et rentre en période de dénutrition.
Antispasmodique et carminative (grâce à ses composants aromatiques), elle soulage les spasmes digestifs, les coliques spasmodiques, les ballonnements, l’aérophagie ou les flatulences (plante à signature « air », qui travaille sur l’air interne).
C’est aussi une plante hépatoprotectrice et cholagogue, qui permet de faciliter la sortie de la bile vers les intestins, donc utile en cas de lourdeur et paresse digestive, ou de troubles biliaires légers, et pour une meilleure digestion des lipides.
L’Angélique a aussi une action anti-ulcéreuse gastrique : elle favorise la diminution de la production d’acide dans l’estomac, tout en augmentant la sécrétion de mucine, une substance qui protège la muqueuse gastrique. C’est une digestive douce, donc.
- Enfin, l’Angélique a une action relaxante, légèrement anti-inflammatoire et antalgique, qui va contribuer à apaiser les douleurs et à détendre le système digestif.
Certes, l’Angélique ne peut pas tout résoudre à elle toute seule, mais si vous faites un peu le ménage dans votre alimentation, elle va agir à la base du problème et relancer les fonctions digestives primaires : ça va être l’étincelle qui va permettre aux engrenages digestifs de se remettre en place.
Vous pouvez la prendre sous forme :
d’infusion ou décoction, elle se marie bien avec la Gentiane et le Carvi (tisane traditionnelle pour l’estomac reconnue par la Commission E allemande).
En décoction, cela signifie que vous la faites bouler dans la casserole pendant une dizaine de minutes à couvert, mais sinon, vous pouvez aussi laisser macérer les racines dans l’eau froide une nuit puis chauffer doucement le lendemain afin de faire une infusion traditionnelle.
Doses Wood : 1 càKF/tasse, avant chaque repas
Dose Moore : 30g/j
On peut aussi prendre l’Angélique après le repas, pour favoriser la digestion et obtenir un effet calmant. Elle se marie très bien avec une rondelle ou du jus de citron ;)
ou sous forme d’alcoolature : 30 à 40 gouttes avant les repas dans un peu d’eau, c’est simple et efficace, à condition d’être patient car il faudra plusieurs mois avant qu’elle ne montre tous ses effets…
L’Angélique se montre particulièrement efficace quand les problèmes digestifs sont liés à des problématiques nerveuses, c’est-à-dire des excès orthosympathiques ou parasympathiques.
Alors, qu’est ce que c’est qu’un excès orthosympathique ? L’herboriste américain Mattew Wood nous explique que les excès orthosympathiques, très souvent lié au stress, est caractéristique de la personne fine, pâle et stressée par la vie moderne : boule à l’estomac, digestion tournant au ralenti sous l’effet de l’adrénaline, hypoacidité, fermentations et gaz, dyspepsie. Dans ce cas typique de digestion déficiente lié à la vie moderne, l’Angélique réchauffe la digestion (particulièrement indiquée lorsque impression de froid au ventre pendant la digestion), ramène la circulation vers les organes digestifs afin de leur faciliter leur travail.
Un excès parasympathique se voit beaucoup plus rarement aujourd’hui : il correspond plutôt à une personne de constitution robuste, à la digestion hyperactive, qui fait de l’hyperacidité et une hypersécrétion de sucs le ventre vide. Dans ces cas beaucoup plus rares d’excès digestif et de digestion « chaude » (en terme énergétique), l’Angélique disperse la chaleur par ses effets circulatoires et équilibre les fonctions corporelles, corrigeant au passage certaines congestions sanguines caractéristiques de cette constitution (plante à signature « air »).
D’une manière générale, elle semble rétablir l’équilibre gastrique et les irritations et inflammations causées soit par un trop peu d’acide soit par un trop plein d’acide – gastrites, reflux gastro-oesophagien, pyrosis, etc.
Enfin, en tant que plante amère et stimulante de l’axe hépato-biliaire, l’Angélique facilite la détoxification de l’organisme, même si elle n’a jamais été classée comme plante dépurative dans les ouvrages classiques.
Dans l’industrie, on utilise son acide coumarique pour faciliter la pyrogénation des goudrons de houille, et dans le corps humain elle permet de nettoyer les goudrons cancérigènes issus des viandes et des grains de café trop grillés. Les fumeurs insufflent également des goudrons, donc l’Angélique sera aussi une plante intéressante pour calmer la toux des fumeurs (on reparlera de la sphère ORL tout à l’heure…).
D’ailleurs, l’Angélique est aussi un contrepoison réputé pour neutraliser les poisons contenus dans la belladone, le colchique, la ciguë et autres plantes vénéneuses.
On pourra l’utiliser avec succès en tant que plante adjuvante dans tous les cas où l’on a besoin de nettoyer l’organisme de ses déchets (hépatite virale, alcoolisme, goutte, rhumatismes, etc…), même si ce n’est pas la plante de première intention.
Et bien sûr, on associera l’Angélique avec diverses plantes selon la problématique :
en cas de colopathie : mauve, bouillon-blanc, ballot noire, badiane de Chine, matricaire, mélisse, souci ou réglisse.
En cas de digestion difficile : armoise, gentiane, mélisse, romarin ou camomille romaine, carvi.
En cas de gastrite, reflux œsophagien ou de migraines d’origine digestive : gingembre, réglisse curcuma, matricaire, pissenlit ou fumeterre.
En cas de ballonnements : curcuma, pissenlit, romarin, coriandre, fenouil ou badiane de Chine.
2/ Sphère utérine :
De nombreux phytothérapeutes européens et américains utilisent l’Angélique archangélique d’une manière similaire à sa cousine chinoise, le Dong Quai : même si c’est plutôt à cette dernière qu’on pense spontanément quand il s’agit de la sphère hormonale et génitale, leurs propriétés sont assez proches sur ce plan-là aussi, donc ça vaut le coup d’essayer !
L’Angélique est une plante oestrogénique, donc utile lorsqu’il y a des déséquilibres hormonaux du cycle ou de la ménopause (pas autant que Angelica sinensis, d’après Cristoohe Bernard, toutefois…). Elle soulage aussi les crampes et congestions de l’utérus, en particulier en cas d’endométriose.
C’est aussi une plante emménagogue, particulièrement utile chez les personnes qui ont un cycle plutôt long. Chez les personnes qui ont un cycle plutôt court, il vaut mieux éviter, car cela peut conduire à des perturbations ou à une sursimulation, ce n’est pas de cette plante qu’elles ont besoin, donc…Elle est aussi utile en cas de règles douloureuses.
L’Angélique convient particulièrement bien aux femmes d’âge moyen (autour de la 30aine), de forte corpulence, souffrant de problèmes circulatoires, en sus de leur problématique hormonale.
Bien sûr, là encore, il faut la prendre sur plusieurs cycles, avant de pouvoir conclure sur son utilité. L’Angélique est une plante qui aime prendre son temps…
3/ Sphère Circulatoire :
L’Angélique contient des coumarines qui sont des molécules anti-inflammatoires vasculaires, anti-agrégantes plaquettaires et qui stimulent le drainage lymphatique : elle va donc agir aussi bien sur la circulation sanguine que sur la circulation lymphatique, de manière très complète.
Matthew Wood la conseille particulièrement en cas de mauvaise circulation périphérique : personne pâle, extrémités toujours froides, mains et pieds parfois violets, car l’Angélique va alors permettre de ramener la circulation vers les organises digestifs et vers l’utérus, c’est ce qui fait une partie de son efficacité sur ces deux zones !
L’Angélique chinoise, quant à elle, est utilisée en MTC pour améliorer la circulation sanguine mais aussi pour tonifier le sang en période de dénutrition, de fatigue extrême, de post-partum. Elle chasse les congestions sanguines et dissout le sang coagulé (le Dong-quai est utilisé dans les hôpitaux chinois après un traumatisme). Mais attention, le Dong-Quai est le résultat d’un traitement bien spécifique de l’Angélique chinoise, souvent cuite ou préparée à la vapeur, ce qui fait ressortir des composants qui n’étaient pas présents dans la plante brute (autrement dit, il ne suffit pas de cultiver de l’Angélique chinoise pour obtenir du Dong-quai).
On dit que l’Angélique met de l’eau dans l’air et de l’air dans l’eau, ce qui aide aussi la peau et les articulations (arthrose, peau sèche…)
4/ Sphère ORL et immunité :
On notera qu’en MTC, l’Angélique est reliée à la rate, le siège de notre énergie vitale, qui transforme la nourriture en énergie et la transporte dans l’organisme (on parle de l’ascenseur de la Rate). Logique donc, que ce soit une plante tonique et qui stimule l’immunité…
L’Angélique a aussi une affinité particulière avec la zone ORL : là encore, elle ramène la circulation vers les endroits qui manquent de fluides, en particule la peau ou les muqueuses, ce qui va s’avérer très utiles pour aider les poumons à retrouver des sécrétions normales et d‘éliminer les mucosités, après une bronchite ou en cas d’asthme, par exemple.
De plus, son infusion chaude est diaphorétique (= elle augmente la transpiration), ce qui veut dire qu’elle facilite l’échange de chaleur au niveau de la peau lors des infections, ce qui aide notre système à gérer le processus de fièvre.
Et puis, en bonne tonique générale, elle renforce le système immunitaire grâce à sa riche composition en principes actifs, ce qui est très efficace pour combattre les virus de type grippal, la fatigue et pour redonner de l’énergie à l’organisme en cas de convalescence, comme après une opération, par exemple .
Elle fonctionnera particulièrement bien dans les cas présentant des renflements, inflammations glandulaires (« scrofules) dans la région de la tête et du cou chez les enfants.
En cas fatigue ou de convalescence, on associera favorablement l’Angélique avec de la Gentiane, achillée millefeuille ou armoise.
5/ Sphère nerveuse :
L’Angélique est aussi une grande plante de la sphère nerveuse : ses composants naturels ont une action calmante sur le système nerveux central, elle apaise l’agitation, les migraines (hépatobiliaire et nerveuse), les impatiences et les tensions nerveuses. Elle a aussi des propriétés sédatives et anxiolytiques, ce qui facilite le sommeil, contribue à réduire le stress et ramène de la sérénité et de la tranquillité.
Ce sont les racines qui sont le plus utilisées à cet effet, sous forme de décoction, ou encore mieux sous forme d’alcoolature, qui améliore les capacités relaxantes et antispasmodiques de la plante. Entre 30 et 200 gt/j, selon les cas.
De plus, l’Angélique possède des vertus neuroprotectices : c’est-à-dire qu’elle aide à protéger les neurones contre les dommages, améliorant ainsi la santé et le fonctionnement du système nerveux. C’est ce qu’on appelle une tonique nerveuse, un peu comme la Valériane ou le Camphre et certaines études scientifiques la recommandent ainsi pour les vertiges, le tremblement des membres, l’hystérie, la neurasthénie et même l’épilepsie (sous forme d’HE) ou la dégénérescence lobaire fronto-temporale (Bruce Willis).
On l’étudie aussi pour aider les malades d’Alzheimer, car elle inhibe l’enzyme acétylcholinestérase, et donc elle pourrait peut-être aider à corriger le déficit en acétylcholine observé dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer… affaire à suivre.
Le célèbre phytothérapeute Leclerc la conseille pour l’anorexie de cause psychique, là encore reliant d’une manière étroite digestion et problèmes psychologiques… D’ailleurs, on peut remarquer que lorsqu’une plante rétablit la digestion, elle a souvent un effet aussi sur l’axe cérébral – pensez à la mélisse, au romarin, etc.
Elle sera aussi très utile en cas de douleurs abdominales d’origine psychologique, du coup !
C’est sous forme d’huile essentielle (provenant des fruits) que l’Angélique montre le plus fort effet sédatif sur le système nerveux (la posologie est de 3 à 6 gouttes trois fois par jour). Elle permet aussi d’apporter de la bienveillance dans son sommeil, dans les périodes plus enclines aux mauvais rêves : c’est une huile qui procure une énergie très maternelle, qui permet de se recentrer sur soi, son corps, son histoire, sa lignée.
Pour compléter son action, on peut y ajouter par exemple de l’huile essentielle de fragonia, dont le parfum fleuri donne délicatesse et subtilité, en plus d’un effet oxygénateur. Un tel cocktail aromatique réconcilie, pacifie et favorise l’activité onirique. Déposer la synergie (à 10%) à l’intérieur des poignets et la respirer au moment du coucher, ou via une diffusion sur un galet près du lit.
6/ Divers :
La consommation de tisane d’Angélique modifie temporairement le goût de l’alcool et du tabac, l’Angélique peut donc être utilisée pour le sevrage de ces deux substances
Les furocoumarines, le psoralène en particulier, en font une plante intéressante pour stimuler les mélanocytes à la repigmentation dans le vitiligo (accompagné d’exposition au soleil, même si elle reste moins intéressante que l’Ammi visnaga, une autre ombellifère).
Dans la tradition amérindienne, l’Angélique est considérée comme une « plante Ours », c’est-à-dire capable de réveiller l’ours qui sommeille en nous. L’ours représente la force physique, l’énergie stable et constante, l’ancrage dans le présent, le calme, le mouvement lent mais puissant.
En Ayurvéda, on dirait que c’est une plante qui amène un peu de Kapha chez la personne trop Vata. La personne Vata est fine, aérienne, très active dans son mental au point où elle se déconnecte du physique, de nos sensations corporelles, pour nous pousser dans notre mental, ou dans des relations virtuelles. L’Angélique, plante Ours, peut donc nous aider à retrouver notre corps, notre force physique, notre moment présent. C’est une plante d’ancrage, qui est reliée à notre Chakra Racine !
l’élixir d'Angélique peut être utilisé en accompagnement dans les maladies auto-immunes, car elle combat l'amaigrissement anormal, les ulcères, la perte d'élasticité des muscles, le manque de motricité des sphincters, les lésions nerveuses, les gaz, les anomalies de l'intestin, les dermatoses, l’eczéma, qui peuvent traditionnellement accompagner ce genre de maladies.
7/ Précautions :
Exposition au soleil : L’Angélique est photosensibilisante à cause de ses furacoumarines, en particulier la sève fraîche. Il est donc recommandé de ne pas s’exposer aux rayons UV pendant une cure d’alcoolature ou d’HE (les infusions en contiennent très peu) et de faire preuve de prudence lors de la cueillette. Les cueilleurs professionnels en savent quelque chose !
Chez les personnes ayant un cycle menstruel court, l’Angélique peut entraîner des perturbations. Surveillez attentivement les effets si vous êtes concernée.
L'Angélique officinale est contre-indiquée aux femmes enceintes car elle peut avoir une action abortive, mais n'est pas déconseillée aux femmes qui allaitent, par contre, d'autant plus que c’est une plante galactogène (augmente la production de lait maternel) et que les pédiatres allemands l'emploient régulièrement contre les troubles gastro-intestinaux infantiles. Eviter en cas de fibrome avec saignements abondants.
Dosage à respecter : Il est important de ne pas dépasser la dose recommandée de 30 g/L pour les racines et 15 g/L pour les semences. Un surdosage peut entraîner de l’excitation suivie d’un engourdissement.
SYMBOLISME
L’Angélique représente avant tout l’inspiration, la créativité, cette guidance qui vient du Ciel, rappelez-vous l’Archange Raphaël… Elle vous rappelle d’avoir confiance dans les fulgurances qui vous traversent. Sa tige creuse est comme un canal aérien qui communique avec les anges, on dit qu’elle vous aligne avec votre ange-gardien. C’est la plante de la connexion au divin.
Ce qui nous amène à la 2eme signification symbolique de l’Angélique, qui est aussi bien sûr un symbole de protection, elle est même utilisée depuis longtemps dans les rituels d'exorcisme car on pensait autrefois que s'il y a au monde une herbe que les démons ont en sainte abomination, c'est bien l'Archangélique ! L’Angélique est une plante de protection douce, elle travaille patiemment, tout en douceur, pour guérir les vieilles blessures, et permet de développer un sentiment de sécurité intérieure.
En gros, l’Angélique vous fait dire que vous n’êtes pas seul, qu’il y a une présence invisible qui vous parle de vos valeurs cachées, vous conseille, vous donne des idées intuitives.
Enfin, l’Angélique nous parle de Force intérieure, de stabilité, d’ancrage dans la matière, elle est d’ailleurs liée au chakra Racine en médecine ayurvédique. N’oubliez pas que c’est une plante dont on utilise la racine… Elle nous parle de notre attachement à la Terre qui nous nourrit, et nous questionne sur notre rapport à la nourriture et notre rapport à l’abondance : comment prenez-vous soin de vos besoins ? Est-ce que vous les respectez ? L’Angélique clarifie les sensations de vide émotionnel et vous aide à nourrir votre Moi intérieur, unique et important, en lien avec les autres et le Grand Tout.
Références/sources :
Christophe Bernard Althea Provence
Jésus Cardenas, médecin phytothérapeute
Jean-Yves Dionne, pharmacien
Plantes & Santé Sabrina Debuscat et Marie-France Farré
Aude Maillard, aromathérapeute
François Couplan, ethnoherboriste
Luminessens
Traité d’herboristerie énergétique de Matthew Wood
Du bon usage des plantes qui soignent de Jacques FLeurentin
Secrets d’une herboriste Marie-Antoinette Mulot
Le Petit Larousse des plantes qui guérissent, de François Couplan et Gérard Debuigne
Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes»
Plantes occidentales et médecine chinoise, Anne Vastel et Sylvie Chagnon
300 plantes médicinales de France et d’ailleurs, Claudine Luu, herboriste et praticienne MTC, et Annie Fournier
L’herboristerie : manuel pratique de la santé par les plantes, Patrice de Bonneval
Connaitre, cueillir, utiliser les plantes sauvages, de Thierry Thevenin
Fournier, Paul-Victor, « Dictionnaire des Plantes Médicinales et Vénéneuses de France