Cette racine fascinante à la saveur unique est un ingrédient incontournable dans les cuisines du monde entier, mais c’est aussi une plante médicinale reconnue et très prisée depuis des siècles, pour ses vertus sur la digestion, le métabolisme et le système cardio-vasculaire, entre autres…
Alors, venez avec nous découvrir tous les secrets du Gingembre !
BOTANIQUE
Le Zingiber officinale appartient à la famille des Zingibéracées (la même famille que le Curcuma).
On l’appelle également Zinj, épice blanche ou Ginger en anglais.Zingiber vient d’un mot sanskrit qui signifie « en forme de corne » ou « en forme de bois de cerf » , par allusion à l'aspect ramifié du rhizome de Gingembre.
C’est est une plante originaire d’Asie, probablement d’Inde, une grande herbacée vivace qui pousse dans les régions tropicales, ensoleillées et humides. La partie aérienne du gingembre est constituée d’une longue tige dressée mesurant en général entre 1 à 1,5 mètre de hauteur (elle peut même atteindre jusqu’à 3 mètres !) : ses feuilles sont persistantes, lancéolées et pointues, et ses fleurs en épis sont parfumées, de couleur blanche à jaunâtre, avec une petite lèvre rouge/pourpre.
Mais c’est plutôt sa partie souterraine qu’on connait bien : non pas sa racine, mais ses rhizomes. Un rhizome, c’est une tige souterraine, qui sert d’organe de mise en réserve comme les racines, qui se développe horizontalement sous terre et va bourgeonner et produire de nouvelles pousses aériennes à intervalles réguliers. Ces tubercules très noueux ont une peau beige pâle et une chair jaune clair juteuse et très aromatique et poivrée.
Contrairement à la plupart des plantes, le Gingembre a quasiment perdu la faculté de se reproduire sexuellement (par la semence) : en effet, ses fleurs sont quasi-stériles et ses fruits secs ne renferment en général que quelques graines noires, très peu nombreuses. Il se multiplie donc essentiellement végétativement, c’est-à-dire par la division de son rhizome, comme l’ail ou le curcuma, ce qui indique généralement que la plante est domestiquée depuis fort longtemps. Tout le gingembre du commerce est donc constitué de clones issus d'une poignée de cultivars très anciens, datant peut-être des débuts de l'agriculture, il y a 12 000 ans. ! Ces cultivars sont résistants à pratiquement tout ce qui est maladie et insecte, à défaut de quoi ils n'auraient tout simplement pas traversé les millénaires… D'un point de vue écologique, c'est l'idéal puisque leur production exige relativement peu de traitements fongicides ou pesticides.
Actuellement, il est principalement cultivé dans des pays tropicaux tels que l’Inde, la Chine, le Nigéria et la Jamaïque.
Le Gingembre contient une importante proportion d’huiles essentielles, ainsi que des composés phénoliques, des lipides, des acides aminés et de l’amidon. Il est aussi riche en vitamines (B1, B2, B3, C) et en minéraux (manganèse, phosphore, magnésium, calcium, sodium, fer) et il a une tenue exceptionnelle en anti-oxydants, tout en étant très peu calorique.
HISTOIRE
Le gingembre est connu dans de nombreux pays du monde, où il est cultivé pour sa valeur culinaire et ses vertus thérapeutiques, depuis plus de 5 000 ans. On na jamais retrouvé ses ancêtres sauvages mais on pense que le foyer du genre Zingiber se situe dans les zones tropicales du sud de l’Inde, de la Chine, et du Sri Lanka.
Les premières traces écrites mentionnant le Gingembre datent de 3500 ans, et on en trouve des références en médecine ayurvédique et en MTC, de manière très ancienne. Dès l’Antiquité, les Arabes, les Romains et les Grecs en font commerce, c’est même l’une des premières épices orientales à faire son entrée en Europe !, et il est rapidement utilisé tout autour de la Méditerranée, comme épice pour agrémenter les plats d’abord, et ensuite pour ses propriétés médicinales, notamment digestives.
Dès son introduction en Europe, il est reconnu comme une épice précieuse et apprécié pour ses vertus carminatives, digestives et aphrodisiaques : il est évoqué par Dioscoride et Pline dans leurs écrits médicaux, Les Grecs, qui le tenaient des Perses, s’en servait fort peu car il était rare et cher, mais Rome en était friande et on en trouvait sur tous les étals de marchés, d’après Pline…
Pendant longtemps, on l’a confondu avec le Poivre et même lorsqu’il se répandit en Europe occidentale, on ne sait pas très bien quelle plante le produisait ni exactement d’où il venait : c’est Marco Polo, qui à la fin du 13eme siècle, en fixa enfin l’exacte provenance, grâce aux descriptions d’un missionnaire italien en Inde. Mais ce mystère autour des ses origines n’a pas empêché le Gingembre de devenir l’épice la plus connue du Moyen-âge, avec le Poivre, tenue en haute estime par Hildegarde de Bingen, pour laquelle il s’impose en phytothérapie contre les troubles digestifs, les rhumatismes, les nausées et vomissements… Il était aussi très réputé en tant que contrepoison et faisait partie de nombreuses recettes de remèdes savants (les thériaques).
Le gingembre colombin, qui venait de Ceylan, et le Gingembre de mesche (une variété à la chair blanche, censé provenir de La Mecque, mais en fait, pas du tout !) étaient très recherchés chez les « épiciers » et les apothicaires, et s’invitaient sur la table des rois, notamment le roi Henri VIII d’Angleterre, pour ses vertus digestives, mais aussi sa réputation aphrodisiaque et magique ! A l’époque, une livre de gingembre pouvait valoir le prix d’un mouton entier !
Que ce soit dans les pays tropicaux ou en europe, le Gingembre a toujours été associé à la magie blanche : on l’utilisait dans les philtres d’amour, ou encore pour attirer l’argent ou la chance.
Au XVIe et au XVIIe siècles, dans plusieurs pays européens, on mit au point le célèbre pain d'épices, aux nombreuses variantes régionales et qui, à l'origine, comprenait toujours du gingembre. Pourquoi ? Parce que cette épice fortement aromatique permettait de masquer la saveur de la farine, qui était pratiquement toujours rance.
Puis, lorsque les navigateurs européens p artirent à la découverte du Nouveau Monde, les Espagnols introduisirent la culture du gingembre aux Antilles où, le climat lui étant particulièrement favorable, la production devint très vite importante. De même qu’au Mexique et en Jamaïque. C’était d'ailleurs la première fois que l’on cultivait avec succès une épice d'origine orientale dans le Nouveau Monde, ce qui permit aux Espagnols de créer de nouvelles filières d’exportation de cette précieuse épice.
De nos jours, le gingembre s’invite sur toutes les tables et dans toutes les pharmacies végétales du monde, et les scientifiques étudient ses propriétés avec de plus en plus d’intérêt…
CULTURE ET CUEILLETTE
Vous ne pourrez pas cultiver du Gingembre chez vous, vous l’aurez compris ! Le Gingembre nécessite vraiment des conditions tropicales pour se développer, et la composition et la qualité des rhizomes varient considérablement d'un pays à l'autre, si bien qu'on en est même venu à établir une sorte de carte des grands crus :
le gingembre jamaïcain, réputé pour son arôme délicat et qui se sert surtout frais, dans la cuisine et pour aromatiser diverses boissons. C'est celui-là qu'on est le plus susceptible de trouver dans nos épiceries ; - l’australien, à saveur nettement sucrée et citronnée, que l'on réserve pour les confiseries ;
le gingembre africain du Nigeria et du Sierra Leone, plus corsé, possède une puissante saveur camphrée qui en fait un produit de choix pour la production d'huile essentielle et d'oléorésine, dont on tire des arômes employés en cuisine, en parfumerie ou dans les médecines de l’Extrême-orient ;
le gingembre indien, à la saveur agréablement citronnée : on le destine surtout à l'exportation, si bien que la plus grande partie de la production de ce pays est déshydratée ;
le gingembre chinois, produit en très grande quantité, mais dont les rhizomes sont généralement écartés de nos marchés (heureusement) du fait qu'ils sont traités au dioxyde de soufre.
Choisissez toujours une racine lourde et ferme au toucher, à la peau lisse et pas fripée, sans taches de moisissures, et à l’arôme épicé et poivré bien présent : ce sont des gages de fraicheur et de qualité !
Vous savez à quoi vous en tenir, quand vous irez acheter votre Gingembre à l’épicerie, désormais !
Bon, si vraiment, vous êtes un inconditionnel du jardinage, vous pouvez toujours essayer de le cultiver sous serre, à petite échelle, en replantant de simples éclats de rhizomes achetés à l’épicerie (s’ils n’ont pas été irradiés, ce qui a précisément pour intention de les empêcher de germer) ou en jardinerie. C’est une plante qui demande 9 mois à 1 an de croissance, sans gel, d’abord en pot, puis en pleine terre, éventuellement.
La meilleure période pour planter le gingembre est la fin de l’hiver, entre février et mars. Enfoncez le rhizome à 2 ou 3 centimètres sous terre et tassez. Il est également possible de placer le rhizome trempant de moitié dans de l’eau afin qu’il développe ses racines dans le liquide. Une fois que les racines sont bien formées, il peut être mis en terre entre le mois de mars et de mai.
Le gingembre a besoin de beaucoup de lumière et de chaleur (20°C minium), pas de lumière directe et un emplacement abrité, et il aime l’eau donc ne laissez jamais les plants se dessécher, mais donnez-lui plutôt une terre bien drainée, car il n’aime pas trop avoir les pieds mouillés en permanence non plus : terre toujours fraiche et humide, donc, mais pas détrempée… Vous pouvez aussi déposer des coupelles d’eau près du pot pour que le gingembre ait ce climat humide dont il raffole, en plus d’une chaleur constante.
Les rhizomes sont récoltés lorsque la tige jaunit, entre 8 et 10 mois après sa plantation. Au moment de la récolte, laissez une partie du rhizome dans la terre, et deux ou trois mois plus tard, les rhizomes vont offriront de nouvelles tiges qui vous permettront une nouvelle récolte 8 à 9 mois plus tard.
Conservez le rhizome frais au sec, comme les PDT, pas forcément au frigo (trop humide, il risque de développer des moisissures). Une fois séché, par contre, il peut se garder plusieurs mois, voire un an, dans un endroit frais et sec. donc, une fois récolté, la partie importante, c’est le séchage, qui doit être parfaitement effectué pour éviter toute moisissure : une fois nettoyés, on coupe les rhizomes en fines lamelles ou bâtonnets et on les stocke tels quels ou on les réduit en poudre à l’aide un moulin à café ou d’un blender. On peut aussi faire macérer les rondelles de rhizomes dans un mélange d’eau et d’alcool, pour obtenir une teinture liquide qui se conservera longtemps. Pour accélérer le séchage, on peut passer les lamelles sous four doux, à 40°C, porte légèrement ouverte, pendant 10 à 12 heures, pour un séchage à coeur.
CUISINE
Le gingembre est très présent dans les gastronomies indiennes, asiatiques et orientales et il devient de plus en plus populaire en France, où il fait désormais partie de l’alimentation quotidienne, je vous laisserai donc écumer le net pour trouver des recettes à votre gout : plats salés, sucrés, friandises confites, sirops, le Gingembre apporte souvent la petite touche d’originalité qui change tout !
Au Sénégal, on l’utilise pour parfumer le couscous, et les Anglais l’utilisent beaucoup en pâtisserie ou pour parfumer leurs boissons, dont le fameux soda au gingembre, le Ginger Ale, bien sur !
Je vous mets quand même l’inévitable recette du Shot de gingembre, pour aborder votre automne du meilleur pied :
Recette SHOT de GINGEMBRE :
Pour 10 shots de gingembre : mixez un morceau de gingembre d'environ 90 g avec le jus de deux citrons pour la vitamine C, pressez une orange et ajoutez environ 100 ml d'eau. Ajoutez une cuillère à café de curcuma. Filtrez le mélange avant de déguster. Attention, il faut se limiter à un shot par jour, pas plus.
PROPRIÉTÉS & UTILISATIONS
considérée depuis longtemps comme un « super-aliment », le Gingembre est une plante aux multiples vertus thérapeutiques, dont on utilise le rhizome, comme en cuisine.
Cette plante au gout épicé, aromatique et poivré très marqué, a un profil énergétique réchauffant (de l’intérieur, puis des extrémités) et asséchant. Il convient donc particulièrement aux profils Kapha en médecine ayurvédique, qui sont froids et humides et ont donc tout intérêt à travailler avec du Gingembre. Si vous êtes Pitta (profil chaud) ou Vata (profil sec), vous le tolèrerez peut-être un peu moins bien.
1/ Sphère digestive
Effectivement, le Gingembre réchauffe, et il réchauffe particulièrement bien la digestion !
Il est avant tout réputé pour ses vertus toniques digestives : il stimule les sécrétions salivaires et gastriques , ainsi que le péristaltisme intestinal (les contractions naturelles des intestins, qui permettent au bol alimentaire d’avancer pour un transit efficace), ce qui permet d’avoir une digestion plus rapide et efficace.
Il est aussi carminatif et permet de réduire les ballonnements et les flatulences, grâce à la stimulation des sécrétions digestives dont convient de parler, mais aussi parce que le Gingembre est un très bon antibactérien qui permet la désinfection du bol alimentaire et ainsi la bonne dégradation des aliments, ce qui contribue à limiter les fermentations intestinales. Sa teneur en huile essentielle en fait aussi une bonne plante antispasmodique, ce qui permet aussi de limiter l’aérophagie et les spasmes intestinaux.
L’huile essentielle de Gingembre permet aussi de stimuler la sécrétion de bile, ce qui n’est pas le cas sous forme infusée : selon l’effet recherché, on va donc privilégier une forme ou l’autre…
La dose a aussi son importance : les quantités nécessaires pour avoir de tels effets ne sont pas toujours réalistes en terme d’alimentation au quotidien, d’où l’intérêt d’une supplémentation éventuelle.
Le Gingembre est aussi une plante très intéressante en cas de constipation, car il accélère la vidange gastrique : en effet, une fois que l’estomac a fini son travail, il déverse son contenu dans le duodénum, la partie haute de l’intestin grêle. Il effectue cette opération en plusieurs fois. La vidange doit se faire ni trop vite, ni trop lentement. Le gingembre stimule les contractions de la partie basse de l’estomac et réduit le temps de transit de la nourriture, ce qui peut être très intéressant chez les personnes ayant une sensation de digestion lourde, lente et stagnante, une constipation chronique, ou encore en cas de gastroparésie (une complication du diabète dans laquelle la vidange gastrique se fait trop lentement).
L’effet optimal est obtenu lorsque le gingembre est pris 30 minutes avant le repas à des doses variant de 1 à 1,5 g. Vous pouvez l’accompagner d’une plante amère (gentiane, camomille romaine…) afin de maximiser la production de sucs gastriques avant le repas. Le gingembre est particulièrement indiqué chez la personne ayant une sensation de froid sur la digestion (rappelez-vous, il réchauffe !).
[NB : femme enceinte : 0,5 à 1g/j. Adulte : on peut monter jusque’à 3g/j pour racine séchée. En frais, cela équivaut à 10g/jour.]
Il va donc être utilisé avec succès en cas de dyspepsie fonctionnelle, mais aussi de gastrite, de colon irritable, de colite…
Un autre des effets notoires du Gingembre au niveau digestif, c’est son effet anti-émétique marqué : en termes plus clairs, le Gingembre est un anti-nauséeux de premier ordre !! Il permet de prévenir ou d'arrêter les nausées et les vomissements, quels qu’en soit la cause : mal des transports, grossesse, post-chirurgie, chimiothérapie, digestion difficile… Et ce, en toute sécurité pour le cas de la femme enceinte, tant pour la mère que pour le foetus. Alors, si vous êtes dans ce cas, c’est la première plante à tenter (à raison de 1g par jour), même si le gout est fort, ce qui n’est pas toujours plaisant en début de grossesse…
En tout cas, pour bénéficier de son effet anti-nauséeux, préférez le gingembre séché : les gingérols et shoagols qu’il développe au séchage jouent en effet un rôle important dans cet effet anti-émétique.
Au niveau métabolique aussi, le Gingembre s’avère extrêmement intéressant : en effet, plante digestive par excellence, il ouvre l’appétit mais favorise aussi la perte de poids ! Déjà par son action pour un meilleur transit intestinal (on en a déjà parlé), ce qui permet une meilleure élimination des toxines, et d’autre part, elle réduit les fringales en agissant sur la production de la leptine, une hormone impliquée dans l'effet rassasiant. Elle stimule également le métabolisme de base au repos : l'organisme brûle plus de calories sans effort physique. Le gingembre aide aussi au contrôle du taux de cholestérol et de lipides dans le sang. Et ides études récentes démontrent aussi qu’il contribue à réguler la glycémie (baisse le taux de sucre dans le sang) et améliore la sensibilité à l’insuline.
Dans le cadre d'une hygiène de vie, d'une alimentation variée et de la pratique d'une activité physique adaptée, le gingembre a donc toute sa place pour aider à la perte de poids.
2/ Sphère articulaire
Le gingembre a aussi des propriétés anti-inflammatoires reconnues depuis longtemps, qu’il soit employé frais, séché ou sous forme d’extrait, avec une activité comparable celle de l’acide acétylsalicylique, autrement dit il est aussi efficace que l’aspirine.
Il permet la diminution des cytokines pro-inflammatoires et une diminution des douleurs, d’après de nombreuses études récentes, avec l’avantage supérieur d’être très bien toléré au niveau intestinal, alors que les anti-inflammatoires chimiques peuvent être agressifs pour l’estomac et même provoquer des ulcères.
Il active aussi un mécanisme analgésique, au niveau du système nerveux central comme périphérique.
C’est son huile essentielle qui est particulièrement riche en molécules anti-inflammatoires et antalgiques, d’où l’intérêt d’une application par voie cutanée pour soulager les courbatures musculaires, troubles rhumatismaux, douleurs arthrosiques ou arthritiques en tous genres, et même poly-arthrite rhumatoïde ou fibromyalgie, en particulier quand la personne est soulagé par la chaleur (compresse chaude, bouillotte) sur les zones douloureuses. Un macérât huileux sera aussi très efficace. Dans tous les cas, l’application d’un produit de qualité doit chauffer le muscle après utilisation. Il se marie très bien avec l’HE de Gaulthérie couchée ou de romarin camphré, pour ce genre d’utilisation.
De plus, le Gingembre a une influence positive sur l’analgésie morphinique: autrement dit, il est un complément efficace à la gestion de la douleur, et, pris de manière concomitante, il permet de diminuer l’accoutumance et la dépendance à la morphine.
2/ Sphère immunitaire et ORL
On a déjà vu que le Gingembre est un très bon anti-inflammatoire : il a aussi confirmé ses effets antibactériens sur différents types de bactéries (Helicobacter pylori, Staphylococcus aureus, Enterococcus faecalis, Salmonella tiphi, Streptococcus mutans en particulier).
Il soutient la thyroïde et les surrénales et il est aussi antiviral (notamment herpès et grippe), anti-fongique (Candida), tonique général, immunostimulant et expectorant. alors, au niveau immunitaire, forcément, c’est un super allié, qui aide à combattre les infections, en particulier ORL et à lutter contre la fièvre, les états grippaux, la fatigue, les rhinopharyngites, maux de gorge, bronchites, etc… Son effet coup de fouet en cas de refroidissement hivernal est bien connu : vous vous rappelez du grog de grand-papy ? Bon ben le shot de gingembre, c’est la version moderne, mais on n’a rien inventé…
De plus, le gingembre fait transpirer (normal, il soutient la thyroïde, notre « chauffage central » interne), c’est donc une excellente plante pour aider à disperser la chaleur pendant une forte fièvre, en particulier lorsque la personne n’est pas de nature à transpirer facilement.
On l’utilise généralement en association avec d’autres plantes ayant les mêmes visées, dont il va démultiplier l’action, à cause de son action sur la sphère circulatoire.
3/ Sphère cardio-vasculaire et circulatoire
Car le gingembre a de grandes vertus circulatoires : rappelez-vous, le gingembre réchauffe l’intérieur du corps, puis les extrémités. Concrètement, cela décrit le fait que le gingembre stimule la circulation sanguine à l’intérieure de l’organisme, d’abord au niveau digestif, d’ou cette sensation de chaleur qui va circuler dans l’abdomen, puis les constituants du gingembre vont créer une vasodilatation périphérique, c’est-à-dire ouvrir les artères et artérioles afin de laisser passer plus de sang, plus de chaleur qui vont diffuser jusqu’aux extrémités (mains, pieds).
Donc, si vous avez tendance à avoir les mains et les pieds froids en hiver, c’est la plante pour vous. Il peut s’avérer aussi très utile en cas de maladie de Raynaud.
Et comme il crée cette bonne condition circulatoire à l’intérieur de l’organisme, le Gingembre aide les autres plantes à atteindre leur objectif et là apporter leurs molécules actives aux endroits qui en ont réellement besoin au lieu de stagner dans une impasse ! On dit du Gingembre que c’est une bonne plante « accompagnatrice ». On va donc beaucoup l’utiliser en association : avec l’harpagophytum pour des douleurs articulaires, avec du Ginkgo pour des troubles cognitifs, etc…
De par son effet circulatoire, le gingembre est aussi très intéressant en cas de mal de tête et même de migraine : il faut le prendre dès les premiers symptômes pour « casser » la crise à venir, … et tester jusqu’à trouver son dosage personnel, surtout !
Traditionnellement, le gingembre est considéré comme cardiotonique et anti-trombotique, et il a des propriétés anti-agrégant plaquettaire, mais à hautes doses seulement.
4/ Divers
* Le gingembre bénéficie d’une teneur exceptionnelle en anti-oxydants (top Ten des aliments usuels, à raison de 2g/j) et piège les radicaux libres. Il protège en particulier le foie (et augmente significativement le taux sanguin de glutathion), les reins et les testicules contre les poisons en tous genres. Il a aussi démontré des grandes vertus neuroprotectrices, notamment en cas d’exposition à des toxiques. Son potentiel anti-cancer a été démontré in-vitro et des recherches sont en cours actuellement pour évaluer ses effets bénéfiques, notamment dans le cas du cancer de la prostate, intestin, ovaire, colorectal, estomac. On le conseille aussi en cas de pathologies neuro-dégénératives comme Alzheimer, de prévention des maladies cardio-vasculaires et de suites d’AVC.
NB : il est important de bien noter q’il s’agit là d’une plante accompagnante, pas d’un substitut de traitement.
Mais clairement, le Gingembre gagne au minimum à être ajouté dans votre cuisine quotidienne… Par contre, si on veut bénéficier de son effet anti-oxydant, il vaut mieux l’utiliser séché ou cuit à la vapeur pour bénéficier de certains de ses composés actifs bénéfiques (notamment les gingérols > shoagols), qui seront plus présents que dans la forme fraiche.
Alors certes, le Gingembre a une réputation d’aphrodisiaque, qui est un peu usurpée, en tout cas, pas au sens littéral du terme. Toutefois, son effet circulatoire périphérique (il apporte du sang aux extrémités, rappelez-vous : mains, pieds, verge, clitoris) et son effet tonifiant conjugués en font un bon tonique général et sexuel, pour les hommes comme pour les femmes !
Il permet aussi de dissiper la congestion utérine et ainsi de soulager les douleurs de règles, il soulage les crampes de la dysménorrhée et les douleurs associées aux fibromes utérins ainsi qu’à l’endométriose. Il est particulièrement efficace lorsque la personne a une sensation de froid sur le ventre. Il s’associe très bien à l’achillée millefeuille : aussi efficace qu’un anti-inflammatoire non stéroidien (ibuprofène végétal, quoi !).
Il a aussi une activité androgénique et améliore la spermatogenèse.
Propriétés aphrodisiaques discutables peut-être, mais activité hormonale douce intéressante tout de même…
* Parallèlement à son effet tonique, le gingembre a aussi des propriétés anxiolytiques et apaisantes, favorisant ainsi un sommeil de qualité, s’il est consommé en quantité raisonnable, bien sûr. Et il aide en cas de jet-lag !
5/ précautions d’emploi
Le gingembre ne présente aucune toxicité aigue ou chronique connue, il est très sécuritaire. Les seuls effets indésirables peuvent survenir en cas de dose très élevées, supérieures à 4 à 5 g/j, où il va provoquer chez quelques personnes des troubles digestifs modérés (brulure, crampes, nausées, diarrhées). Mais aux doses habituellement conseillées, aucun risque !
On déconseille la consommation de gingembre avant une opération à cause de ses propriétés anticoagulantes, mais il n’y a pas de problème en cas de consommation de médicaments fluidifiant le sang, car il faudrait une dose au moins 20 fois supérieure à la dose usuelle pour observer une augmentation de saignements potentielle.
Demandez aussi l’avis de votre médecin en cas de traitement antidiabétique, car ses propriétés hypoglycémiantes peuvent s’ajouter à celles des médicaments, ce n’est donc pas interdit mais il convient d’éviter que cela interfère.
Je précise qu’il s’agit là de simple précaution, en cas de consommation excessive : à dose normale, pas de problème avec le gingembre, que ce soit avec les médicaments ou avant une opération !
Attention si vous êtes en phase active de cancer ou aux femmes enceintes à limiter leur consommation par précaution, donc (notamment à cause de son activité endocrinienne - thyroïde et androgènes) mais c’est tout. Les enfants peuvent en prendre à partir de 6 ans. Quelques cas d’allergies au gingembre ont été notés, surtout sous forme d’huile essentielle, mais c’est vraiment très rare.
A éviter en cas de maladie de Basedow, c’est tout.
SYMBOLISME
Le gingembre est clairement lié à la notion d’accroissement : normal pour une plante qu’on utilisait pour conférer plus d’efficacité à un rituel magique autrefois. Le gingembre attire, augmente, la chaleur comme la chance ;)
Et puis surtout, le Gingembre transforme : c’est un Révélateur, qui pimente, met en lumière, parfume le plat et change le regard que nous portons sur nos émotions. Il a donc un rôle clé dans l’aprentissage de notre existence : demandez l’aide du gingembre quand vous voulez transformer votre regard sur le monde, mettre en avant une sensibilité, rendre unique ce qui serait passé inaperçu.
Enfin, le gingembre nous interroge sur la puissance du feu en nous : quelle est la source de notre énergie, dit-il ? Avons-nous trop ou pas assez de feu à dépenser ? Avons-nous des racines assez puissantes pour nourrir notre vitalité ? Le gingembre, dans sa sagesse, nous rappelle de nourrir notre feu intérieur. Il nous dit que nous pouvons aller à notre rythme, nous n’avons pas à nous presser, nous exciter ou nous énerver, si nous sommes bien enracinés..
Car, bien sûr, quand on pense au gingembre, on pense à nos racines : le Gingembre symbolise aussi le lien avec notre lignée ancestrale : il nous interroge sur notre lien à la terre et notre connexion à nos ancêtres, à ce que nous avons à pacifier avec eux…
Alors, prêts à vous enraciner fermement avec l’aide du gingembre, pour affronter la saison froide ?? Il nous transmet l’énergie vitale de la terre depuis si longtemps, on ne peut rêver d’un meilleur allié, non ?