Non, le Souci n'est pas synonyme de problèmes !
Au contraire, cette fleur lumineuse, très commune dans nos jardins, soulage bien des maux : c’est un dépuratif puissant, et une grande plante apaisante, connue depuis la nuit des temps pour ses usages culinaires, médicinaux et cosmétiques, car elle a de grandes propriétés adoucissantes et cicatrisantes. Et elle est très facile d’utilisation comme de cueillette, quasiment tout au long de l’année, en plus ! Bref, s’il y a bien une plante médicinale à avoir dans son jardin, c’est bien le Souci, pardon…le Calendula !
Aujourd'hui, nous allons donc vous parler de :BotaniqueHistoireCulture et cueilletteCuisinePropriétés et utilisationsSymbolisme
BOTANIQUE
Le Souci est une plante de la famille des Astéracées, dont le nom scientifique est Calendula officinalis.
Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le mot Souci n’a aucune connotation négative : il dérive du mot latin « solsequia », qui signifie « celui qui suit la course du soleil », en référence à son lien étroit avec le cycle de la lumière. Car effectivement, sa fleur a pour particularité de s'ouvrir et de se refermer en fonction des mouvements du soleil, un peu comme le Tournesol.
Quant au nom Calendula, cela lui vient des Romains : comme c’est une plante qui fleurit pendant presque toute l’année, du début du printemps aux premières gelées, ceux-ci l’appelait Plante des Calendes, du mot calendae, qui signifie « mois » en latin : c’était donc la plante de tous les mois ! Le terme est resté.
On l’appelle aussi Souci des jardins, Fleur de tous les mois, Calendule, Épouse-soleil, Faux safran, Flamine, Goudier, Horloge des villageois, Mirliton, Or des jardins, Petit Valet, Rossécu, Sans Souci, Tourne-midi, Tourne-soleil.
Il existe environ une quinzaine d’espèces de Calendula, mais Calendula officinales est de loin la plus répandue dans le monde, tant pour sa culture ornementale que pour ses vertus médicinales. Notez tout de même que son cousin, Calendula arvensis, ou Souci des champs, qui lui ressemble beaucoup, même si ses fleurs jaunes orangées sont plus petites, peut être utilisé de manière interchangeable, sur le plan médicinal.
Attention par contre à ne pas confondre Calendula officinalis avec le Tagète (que les Anglais nomment tous deux « Marigold »), ou avec le Souci d'eau (Caltha palustris) qui appartient à une tout autre famille botanique, celle des Renonculacées.
Aujourd’hui, nos allons nous concentrer sur Calendula officinalis.
C’est donc une très jolie petite fleur, qui trouve son origine au coeur du bassin méditerranéen (probablement en Egypte), et qui, du fait de son tempérament peu exigeant, a rapidement conquis toute l'Europe, où elle est cultivée depuis le XIIe siècle, et qui se retrouve désormais dans toutes les régions du monde ayant un climat tempéré.
Cette plante herbacée, qui fait entre 40 et 70 cm de haut selon les variétés, est pourvue d’une racine principale pivotante et blanchâtre, et ses feuilles sont alternes et épaisses, d’un vert jaunâtre. Sa tige allongée toute duveteuse est terminée par une seule fleur à la couleur très vive, jaune orangé, qui n'est pas sans rappeler un petit soleil.
Enfin, botaniquement parlant, ce n’est pas UNE fleur, mais plutôt un bouquet de fleurs ! En effet, ce soleil orangé est ce qu’on appelle une inflorescence, typique de la famille des Astéracées, une des plus récentes et des plus complexes familles de plantes : c’est en fait un regroupement de nombreuses petites fleurs, qu’on pense à tort être des pétales, et dont l’ensemble donne l’illusion d’une fleur unique ! La blague classique des botanistes et des herboristes, c’est que les Astéracées sont les fleurs préférées des avares, vous savez pourquoi ? Parce que quand ils sont obligés de vous offrir un bouquet, il peuvent sans mentir vous offrir une seule Astéracée et dire qu’ils vous ont offert un bouquet de fleurs…
Les fleurs de Calendula s’épanouissent très longtemps, comme on le disait, du printemps jusqu'aux premières gelées. C’est une plante facile à vivre et qui se ressème très bien toute seule, elle supporte les sols ordinaires et s'épanouit dans les champs et les jardins, où il est tout autant apprécié comme plante d'ornement que comme auxiliaire contre les pucerons.
Il aime les expositions en plein soleil, on s’en serait douté, et bien que vivace, il est surtout cultivé en annuelle car dans les régions ou l’hiver est rigoureux, il ne survit que rarement.
Ses graines, par contre, survivent à des froids intenses : ce sont des akènes, des sortes d’excroissances très courbées, presque crochues, de tailles et de formes souvent très différentes, qui se font transporter par le vent, ou s’accrochent aux poils des animaux ou aux vêtements des hommes, pour essaimer.
Les stations de Calendula sont magnifiques à observer dans les jardins, par contre, on est souvent déçu par son odeur, peu agréable, qui est loin de correspondre à sa beauté visuelle…
Le Calendula contient de nombreuses molécules intéressantes sur le plan médicinal, notamment : des flavonoïdes (quercétine….), des coumarines , beaucoup de triterpènes (saponosides triterpéniques…), des caroténoïdes (lycopène, lutéine…), des polysaccharides, et une huile essentielle.
HISTOIRE
Le Calendula est connu depuis l’Antiquité (même si des doutes subsistent sur son identification précise) : on en trouve ainsi la trace dans les vieilles cultures indiennes et arabes ainsi que chez les anciens Grecs. Un peu plus tard, ce sont les Romains qui le répandent en France, car les Grecs leur ont transmis la connaissance de ses vertus médicinales et ils apprécient aussi beaucoup son pouvoir tinctorial, ce qui veut dire qu’ils l’utilisent afin de teindre les tissus en jaune et aussi en tant que colorant alimentaire (pour foncer les beurres, par exemple).
C’était une plante associée à Proserpine, la femme de Pluton, dieu des Enfers : la légende explique en effet que Proserpine, lorsqu'elle fut enlevée par son futur mari (bon, c’était pas très #Metoo, cette histoire…), était en train de cueillir des Calendulas au pied du mont Etna , en Sicile, et qu'elle en emporta quelques-uns en enfer. C'est depuis ce temps là que le Calendula exhale l'odeur désagréable dont il fut imprégné aux Enfers, gardant ainsi le souvenir de ce condamnable enlèvement…
Mais la réputation du Calendula prend tout son essor au Moyen-Âge : il était alors réputé pour apaiser toutes sortes de maux (piqûres d'insectes, morsures de serpent, jaunisse, conjonctivite, teigne, règles douloureuses, fièvre). Il fait même partie du fameux Capitulaire de Villis, cet édit de Charlemagne qui mentionnait une liste de plantes à cultiver obligatoirement dans les monastères de France, eu égard à leurs grandes vertus médicinales et culinaires.
Mais c’est Hildegarde de Bingen, la fameuse moniale phytothérapeute avant l’heure, qui est la première à le décrire précisément : elle s’en servait essentiellement pour soigner les maladies de peau. Albert le Grand, fameux naturaliste, le préconisait, quant à lui, contre les piqûres et morsures d'animaux venimeux. A l’époque, le Calendula était aussi réputé pour apaiser toutes sortes de maux : douleurs d’estomac, jaunisse, conjonctivite, teigne, règles douloureuses, fièvre, et c’était une plante couramment utilisée par les petites gens.
Son aspect décoratif était également très apprécié et on le trouve comme objet de décoration dans de nombreuses peintures, sous la forme de bouquets et de couronnes.
Dans le célèbre « Herbal » de 1597 (un des premiers herbiers imprimés), le botaniste anglais John Gerard fait figurer des planches en quadrichromies représentant plusieurs variétés de Calendula. On trouvait aussi chez les épiciers de l'époque des barils pleins de pétales séchés ou en saumure, ce qui démontre que c’était une plante qu’on utilisait énormément, autant comme aliment que comme médicament, à l’époque !
Le Calendula est utilisé sur le plan médicinal jusqu’à un temps plutôt récent, puisque les médecins américains se servaient encore des fleurs de Calendula pour soigner les plaies des blessés lors de la guerre de Sécession. La médecine éclectique, qui est une école américaine du 19eme siècle, là aussi, tenait le Calendula en grande estime puisqu’ils l’utilisaient, en combinaison avec les médicaments officiels, pour traiter ulcères, brûlures, jaunisse et conjonctivite. Côté européen, le docteur Leclerc le prescrit aussi pour les règles douloureuses ou irrégulières et le docteur Cazin le recommandait au 19eme siècle pour les ulcères, et le tenait en grande estime , il disait même : « les Anciens ont trop exagéré les vertus du Souci, mais les Modernes les ont par trop dépréciées !! ».
Étonnament, le Calendula a ensuite été totalement ignoré par la médecine allopathique. De nos jours, il a gardé ses lettres de noblesse en homéopathie, dont il est un des remèdes-phares pour traiter les brûlures et problèmes cutanés, on le surnomme même « l’antiseptique homéopathique ». Il reste actuellement un remède très apprécié en dermatologie, pour ses propriétés adoucissantes et cicatrisantes, mais c’est à peu près tout… Et pourtant, on va le voir, son action va bien au-delà des petits bobos de peau !
Heureusement, depuis quelques années, la science actuelle s’intéresse à nouveau à cette jolie fleur, et l’étudie pour ses propriétés anti-tumorales et anti-inflammatoires, liées notamment à sa concentration en flavonoïdes, caroténoïdes et acide salicylique.
CULTURE ET CUEILLETTE
Le Calendula est une fleur facile à faire pousser dans son jardin : très tolérant, il préfère le soleil mais accepte la mi-ombre. Attention, toutefois, s’il est trop à l'ombre, il fera de grandes tiges et peu de fleurs… Il peut pousser dans tout type de terre, même médiocre, à condition qu'elle soit bien drainée. Cependant, là aussi, dans une terre un peu plus riche, les pieds seront plus vigoureux et florifères. Les graines se plantent facilement par paquets de trois, mais vous pouvez aussi repiquer directement des plantules, si vous préférez.
Il existe de nombreuses variétés ornementales qui magnifieront votre jardin, avec une gamme de couleurs allant de l'ivoire à l'orange fluo en passant par le jaune pur. Mais attention, ces variétés sont souvent cultivées aux pesticides, donc on les déconseille pour une utilisation médicinale : la variété officinale orange, qui est très riche en carotène et en principes actifs, sera préférable, d’autant plus avec le label biologique, bien sûr !
Ses fleurs se ressèment toutes seules d’année en année : c'est le vent qui fait office de jardinier ! Ces naissances non désirées donnent souvent de belles plantes, très résistantes, au printemps suivant, qu’on peut repiquer à l’endroit de son choix après quelques semaines.
C’est une plante annuelle très rustique, résistante aux gelées, mais qui ne fleurit toutefois pas en période de froid. Ses seuls ennemis sont les limaces et escargots quand les plantes sont jeunes, et l’oïdium, qui peut la frapper en fin de floraison. Dans ce cas, retirez les parties atteintes pour éviter que la maladie ne se propage aux plantes voisines. C’est aussi une plante sujette aux pucerons (ceci dit, cela peut être pratique au jardin potager, si vous souhaitez éviter qu’ils ne s’intéressent de trop près à vos plants de tomate, par exemple…). Il suffit alors de les tiges infestées.
Ce sont les fleurs uniquement qu’on utilise en phytothérapie, et on les récolte juste après leur éclosion idéalement, pour qu’elles soient le plus concentrées possible en principes actifs. La période de floraison reste très longue, du printemps au début de l’hiver et cela donne l’occasion d’en prélever régulièrement, pour en faire des bouquets (qui tiennent très bien en vase) ou des préparations médicinales. Je vous conseille d’enlever régulièrement les fleurs fanées, même si vous ne les utilisez pas à ce moment-là, pour que la floraison soit plus longue.
On peut utiliser des fleurs fraîches, très efficaces, ou les faire sécher dans un endroit sec et aéré : le séchage est relativement long ce qui est normal, car il s’agit d’une fleur grosse et épaisse. Un conseil : écrasez le coeur de plusieurs fleurs afin de vous assurer qu'il soit bien sec, avant de l’enfermer en sachets ou dans une boite hermétique et prenez soin de les mettre sécher bien à l'abri de la lumière, car celle-ci les décolore rapidement et leur ferai perdre de leur efficacité. Un beau calendula doit avoir gardé un maximum de sa couleur jaune-orangé, ce qui signifie qu’il est encore riche en caroténoïdes (précurseurs de la vitamine A, notamment) !
Ensuite, vous pouvez utiliser le capitule complet, avec le réceptacle vert et les ligules orangés, ou uniquement les « pétales » orangés : personnellement, je vous conseille d’utiliser le capitule entier, car ce réceptacle un peu collant est très riche en terpènes et vous passeriez à côté d’une grande partie de ses propriétés médicinales en le mettant à l’écart…
CUISINE
Le Calendula s’utilise en cuisine, tout à fait : c’est même le titre d’un livre de l’ethno-herboriste François Couplan, qui s’appelle « Mangez vos soucis » !!
Certains cuisiniers n'hésitent pas à incorporer le Calendula à leurs recettes, puisque sa fleur est comestible, et puis, sa couleur orangée égaye tellement bien les plats ! Dans ce cas, on n’utilise que les pétales, et pas le capitule entier, bien sûr… Son goût légèrement amer et douceâtre à la fois n’est pas désagréable du tout, même s’il n’a rien d’exceptionnel.
Fût un temps, on employait aussi le Calendula en cuisine en remplacement du Safran, d’où son surnom de « safran des pauvres », pour ajouter de la couleur et du goût à certains plats (de sauces, ou de riz, notamment).
On l’ajoute aussi avec bonheur dans la pâte à pain ou les gâteaux, ou les ajouter au dernier moment au riz et aux pâtes. Les anglais mettaient même des fleurs de Calendula dans la soupe en hiver, pour la couleur et aussi pour augmenter la résistance aux virus et aux fièvres. On peut aussi les faire sauter à la poêle pour accompagner les grillades. Ajoutez des pétales de Calendula à des yaourts, des fromages frais ou une salade de fruits, pour leur donne un petit goût délicieux et un bel éclat de couleur.
Les boutons floraux de Calendula peuvent être aussi confits au vinaigre avant qu'ils ne s’ouvrent, un peu comme des câpres : originalité et succès assuré !
Jusqu’au XVeme siècle, il était aussi utilisé pour colorer les beurres qui n’étaient pas assez crémeux, donc pas assez jaune. On l’a aussi utilisé de la même manière pour colorer les fromages.
Plus anecdotique : on peut également utiliser les feuilles avec les salades et les viandes mijotées.
PROPRIÉTÉS ET UTILISATIONS
Traditionnellement, le Calendula est une plante considérée comme de nature réchauffante et asséchante, c’est important de le retenir pour la suite.
1/ Sphère cutanée et muqueuses :
Le Calendula est avant tout une grande plante régénératrice de la peau et des muqueuses, c’est même sa principale indication !
C’est un très bon désinfectant, qui a une action à la fois antibactérienne et antifongique (grâce son huile essentielle, surtout), mais aussi un bon dépuratif et une grande plante anti-inflammatoire, qui a surtout la particularité de stimuler la régénération cellulaire : autrement, dit, là où de nombreuses plantes médicinales se contentent de désinfecter l’organisme, le Calendula aide notre corps à refabriquer plus de tissus plus vite, ce qui accélère la cicatrisation, et dans le même temps, il augmente la production de collagène, afin de fabriquer des tissus de meilleure qualité et améliore même son organisation, afin que les tissus se restructurent mieux pendant la phase de réparation !C’est pour cela que c’est LA plante idéale pour prévenir la formation de tissu cicatriciel inesthétique (quand il s’agit d’une plaie récente).
En fait, c’est la la plante de première intention à utiliser pour les problèmes de peau, du plus petit au plus grand : on l’utilise avec bonheur pour les coupures, griffures, éraflures, coups de soleil, piqures d’insecte, érythèmes fessiers, croûtes de lait (bébés), crevasses, gerçures, dartres, feu du rasoir, mais aussi lacérations, blessures ouvertes et plaies de toute nature, y compris infectées ou cancéreuses, avec ou sans perte de chair, ou encore eczéma, psoriasis, mycoses… De plus, il calme aussi légèrement les démangeaisons ou les douleurs associées. On l’utilise aussi en cas de maladies éruptives comme la varicelle ou la rougeole.
Pour les coups de soleil, il est particulièrement adapté : son acide salicylique intervient comme analgésique, ses mucilages réhydratent la peau lésée, ses flavonoïdes anti-oxydants et ses triterpendioles anti-inflammatoires favorisent la cicatrisation et ses caroténoïdes sont aussi de puissants agents filtrants solaires. Le must, quoi !!
En 2004, une étude sur des femmes atteintes d'un cancer du sein a montré qu'une pommade à base de Calendula était plus efficace que l'onguent médical habituellement prescrit dans ce genre de cas pour prévenir la dermite causée par la radiothérapie et pour réduire la douleur. Comme vous le voyez, l’effet anti-inflammatoire du Calendula a été confirmé par la science moderne, même si on ne sait toujours pas exactement quels sont les principes actifs qui sont responsables de ses propriétés anti-inflammatoires, probablement une synergie de ses différents composants !
Par contre, techniquement, ce n’est pas une plante antiseptique, mais plutôt une plante bactériostatique, c’est-à-dire qu’il ne tue pas les bactéries, mais les contient et garde la plaie propre, aidant ainsi le corps à guérir : c’est pourquoi c’est une plante idéale pour guérir des plaies sensibles, rouges, gonflées qui ont tendance à produire du pus. Typiquement, le résultat des griffures de chat, vous voyez ? D’ailleurs, l’herboriste américain Matthew Wood rapporte que certains vétérinaires américains utilisent régulièrement l’alcoolature de Calendula pour désinfecter leurs blessures de travail, avec beaucoup de succès !
En fait, le Calendula nettoie la blessure de l’intérieur, en contenant infection et dans le même temps, il favorise la réparation et la régénération des tissus. C’est pourquoi il fonctionne bien même sur les blessures refermées ou celles qui sont exposées à l’eau (cuisinier, etc) et qui ont du mal à cicatriser… Le docteur Hugues disait du Calendula qu’ « aucune suppuration ne semble capable de vivre en sa présence ! ». Antifongique aussi, il peut aider à se débarrasser d’un muguet buccal, et même aider à nettoyer les plaies infectées par un candida albicans ou par un staphylocoque doré.
Et, vous allez me dire, comment réussit-il ce tour de force ? Hé bien, en passant par le système lymphatique : car le Calendula est un grand stimulant du système lymphatique, ce réseau de drainage et d'évacuation des déchets infectieux de noter organisme. Du coup, en cas d’infection, quand le système immunitaire est très occupé à combattre les intrus, les ganglions lymphatiques sont parfois débordés par la tâche, ils peuvent même devenir enflés, gros et douloureux : dans ce contexte, le Calendula va permettre de rétablir la circulation et faciliter l’évacuation des agents infectieux et des déchets via « l’autoroute » lymphatique. Dans ce cadre, on l’associe très bien avec la racine d'Échinacée qui est elle aussi un excellent stimulant du système lymphatique.
Le Calendula est donc particulièrement indiqué dans tous les cas de suppurations ou de production de liquide, et de ganglions enflés : c’est une de ces indications les plus pertinentes. N’oubliez pas, c’est une plante de nature asséchante (même si elle contient des mucilages, oui, encore une fois, les plantes n’aiment pas être réduites à une seule fonction, elles sont beaucoup plus subtiles que ça…).
Il convient particulièrement bien aux personnes manifestant une grande fatigue et aussi épuisés nerveusement, irritables, aux douleurs aggravées par temps humide ou par le mouvement et améliorées par le repos, à la transpiration sous les bras vraiment désagréable (typique d’un nettoyage incomplet des ganglions sous les bras), ou aux pertes vaginales malodorantes (avec des ganglions adjacents gonflés, là aussi). Petite indication typique : la couleur jaune autour des yeux signe un terrain qui réagit particulièrement bien au Calendula.
Ou encore aux personnes qui ont des ganglions enflés depuis un certain temps, sans signe d’inflammation active, mais avec une immunité affaiblie, c’est-à-dire en cas de stagnation lymphatique, avec un reste d’infection persistante. Alors, bien sûr, si vous avez des ganglions enflés sans raison, vous allez voir votre médecin, pour qu’il vous fasse des examens plus poussés afin d’éliminer tout diagnostic plus sérieux. Mais en attendant, vous pouvez faire une cure de Calendula pour soutenir votre organisme.
Pour les problèmes de peau en surface, on l’associe avec bonheur au Plantain et/ou au Millepertuis. Pour les problèmes de tissu sous-jacent, il se marie bien à la Consoude qui, comme son nom l’indique, n’a pas son pareil pour consolider os, cartilage, nerfs ou tendons et/ou à l’Arnica, qui, elle, est la plante de référence pour les hématomes, foulures, ou contusions internes. Les fleurs macérées dans le vinaigre sont aussi connues comme un remède de grand-mère pour faire disparaitre les verrues.…
NB : dans les cas de problèmes chroniques de type eczéma ou psoriasis, le Calendula est certes efficace mais il doit être utilisé sur le long terme, tous les jours en application externe, et en association à d'autres mesures en interne pour agir à la source du problème.
On l’utilisera de deux manières :
en interne, soit sous forme d’alcoolature, aux doses classiques, soit sous forme d’infusion, même si ce n‘est pas une préparation optimale, car certains composants ne sont pas solubles dans l’eau. En cas de gros problème, ou privilégiera donc une forme alcoolature, ou bien on veillera à associer le Calendula avec d’autre plantes en infusion, pour optimiser son effet.
et aussi, et surtout, en externe : sous forme de macérât huileux le plus souvent, ou éventuellement de compresses d’infusion ou mieux, de cataplasmes de fleurs fraîches écrasées au pilon ou de fleurs sèches imbibées avec un peu d’eau chaude, ou encore d’hydrolat. On va l’utiliser pour le lavage des petites plaies, mais aussi en cas de fatigue oculaire, en gargarismes et en bains de bouche ou comme désinfectant vaginal.
Mais franchement, le macérat huileux est une des préparations les plus essentielles à avoir chez soi ! Très polyvalent, le Calendula est puissant mais d’action douce, il rétablit l’équilibre sans trop perturber l’organisme en général, ce qui lui permet d'être utilisé par tous les membres de la famille, des bébés à la femme enceinte, en passant par les personnes âgées ou ayant des pathologies complexes : c’est vraiment un indispensable du placard d’herboristerie familiale ! On l’applique autant que de besoin, 2 ou 3 fois par jour si nécessaire. En plus, rien de plus facile et agréable que de fabriquer soi-même son macérât de Calendula, avec les fleurs de son jardin, alors pourquoi s’en priver ?
2/ Sphère digestive :
Hé oui, ce que le Calendula fait sur la peau, à l'extérieur du corps, il le fait aussi sur les muqueuses, à l'intérieur du corps. autrement dit, pensez au Calendula pour tout problème de muqueuse abimée et ulcérée : muqueuse vaginale, muqueuse respiratoire, muqueuse DIGESTIVE. En fait, ili va travailler sur toutes les muqueuses, de l’entée à la sortie du corps ! C’est-à-dire qu’il va s’avérer intéressant en cas de : gingivite, aphtes, pharyngite, angine (combinaison top avec une teinture de myrrhe et d’échinacée), oesophagite, ulcère gastrique ou duodénal, colite, infection fongique au niveau intestinal ou vaginal, conjonctivite ou blépharite si on remonte plus haut, etc…
Là encore, le Calendula va à la fois désinfecter la zone, calmer l'inflammation et stimuler la régénération cellulaire. Du 3 en 1, quoi, ce qui fait toute son efficacité !
Dans ce genre de cas, on va préférer prendre de petites quantités de Calendula plusieurs fois par jour, plutôt qu'une grande quantité d'un seul coup, afin de mettre en contact la zone abimées en contact avec le Calendula le plus souvent possible : (infusion,) hydrolat ou alcoolature diluée dans une bouteille d’eau à boire tout au long de la journée, c’est l’idéal !
Pour les aphtes, on peut même directement tamponner la teinture pure à l'aide d'un coton tige. Et pour toutes ces indications, le Calendula s'associe bien au Plantain et/ou à la racine de Réglisse.
De plus, le Calendula est une bonne plante nettoyante du foie qu’il soutient par son effet cholérétique et sur lequel il a une action purifiante et drainante, ce qui contribue à maintenir le foie en bonne santé. C’était d’ailleurs un remède traditionnel de la jaunisse !
Couplé à ses propriétés anti-acide et anti-inflammatoire, le Calendula est un bon candidat pour soul ager les affections du système digestif (ulcères, spasmes, infections diverses…) et améliorer les fonctions intestinales.
En MTC aussi, le Calendula est connu pour calmer et disperser l’énergie de la rate (« j’ai la rate qui se dilate.. »), du pancréas et de l’estomac, et ainsi aider le mouvement de descente vers l’estomac : c’est une « tonique amère » mais très douce. NB : on la combine souvent avec la Matricaire pour les soucis d’ordre digestif.
Surtout, le Calendula déloge l‘humidité et les glaires (rappelez-vous, c’est une plante asséchante), ce qui permet de changer le terrain digestif pour le rendre moins propice aux infections, notamment mycosiques, et d’enrayer ainsi leur propagation ! En début de traitement, on l’utilise généralement avec d’autres plantes plus puissantes, et aussi avec des plantes qui amènent vers la sortie ce que le Calendula a permis de déloger (type Ortie ou Pissenlit). On peut aussi l’utiliser en cure pour traiter une humidité chronique.
De plus, son action antiseptique et cicatrisante permet de régénérer progressivement les tissus et leur capacité d’absorption des aliments ! Si on cherche spécifiquement cet effet antiseptique et cicatrisant, c’est important de prendre le Calendula en infusion ou en poudre mélangée à un aliment à la fin du repas, car le Calendula doit toucher directement les tissus affectés pour fonctionner.
3/ Sphère génitale et endocrinienne :
Etonnamment, on l’a oublié de nos jours, mais le Calendula est une plante emménagogue, qui régularise le cycle féminin et soulage les douleurs menstruelles, sous réserve de commencer à en boire une dizaine de jours avant la date des règles.
On l’utilisait beaucoup pour la régulation de la sphère gynécologique autrefois, je ne sais pas pourquoi cette indication pour traiter le syndrome menstruel a été occultée ? Car d’après les docteurs Cazin et Leclerc, son action dans ce domaine est puissante et permet d’obtenir des résultats souvent spectaculaires avec une simple décoction…
Ainsi, pour les femmes n’ayant pas recours aux contraceptifs hormonaux, et qui ont un cycle en dents-de-scie, le Calendula permet, à long terme, de retrouver un cycle plus régulier, simplement en buvant des infusions pendant 10 jours la date présumée des règles, trois fois par jour.
Car le Calendula stimule la production d'oestrogènes et ramène le flux sanguin vers l'utérus afin de lui redonner sa fonction. ainsi, son action permet même de rétablir les règles lorsqu'elles ont été supprimé.
Bien sûr, au vu de son action sur la sphère cutanée dont on vient de parler, le Calendula sera un dépuratif particulièrement efficace en cas de problème cutané survenant au moment des règles (acné hormonal, notamment). Ni toxique, ni allergène, il est vivement recommandé aux adolescentes…
Et cerise sur le gâteau, son action antispasmodique évite les douleurs liées aux contractions de l’utérus.
4/ Divers :
* Le Calendula est aussi un stimulant immunitaire, ce qui améliore encore son intérêt en cas de grippe, fièvre, bronchite ou pneumonie : il remonte les défenses naturelles, cale les inflammations et facilite l’élimination des toxines, à raison de 3 tasses/jour.
En cas de fièvre associée, il est particulièrement intéressant car il a aussi une action diaphorétique, c’est-à-dire qu’il stimule l'ouverture des pores de la peau et facilite donc les échanges de chaleur en cas de fièvre, le mécanisme de transpiration étant essentiel pour garder la température interne sous contrôle. On l’associe dans ce cas à la fleur de Sureau à l’Achillée millefeuille ou à la Bourrache, qu’il remplace très bien.
* La grande herboriste Maria Treben utilisait aussi le Calendula pour les problèmes de retour veineux : en effet, ses flavonoïdes, assure une protection du tissu des veines pendant que ses coumarines permettent une meilleure circulation sanguine. Le Calendula, sous forme d’onguent, est particulièrement indiqué lorsqu'il y a présence de varices visibles ou de varicosités.
Plante diurétique, comme beaucoup d’autre médicinales, le Calendula a aussi un léger effet hypotenseur.
* Traditionnellement, on utilise aussi les fleurs de Calendula pour remonter le moral et rééquilibrer le système nerveux : la présence importante de caroténoides et de flavonoides, qui sont des anti-oxydants majeurs, présage d’un intérêt certain sur ce plan-là, mais aucune étude scientifique n’étayant été réalisée sur ce terrain, il s’agit pour l’instant uniquement de suppositions d’action.
6/ Précautions et contre-indications :
Le Calendula est très sûr d’utilisation : bien sûr, il peut y avoir une réaction allergique chez la personne allergique aux plantes de la famille des Astéracées, mais c’est extrêmement rare. A part ceci, aucune précaution particulière connue, car il a un effet très doux, qui s’impose sur le long terme.
SYMBOLISME
Le Calendula, ce petit soleil si puissant, symbolise avant tout la GUÉRISON. Il referme les blessures du corps et de l’âme, et aide à réparer notre armure personnelle, pour qu’elle redevienne une barrière solide qui nous protège sur tous les plans, physique et émotionnel.
Surtout, il fait cela tout en DOUCEUR : comme il calme les inflammations et cicatrise les muqueuses avec délicatesse, sa douceur nous sécurise, et c’est la promesse d’une guérison puissante et profonde, facile à accepter. Le Calendula apporte de la paix, c’est un consolateur, et pas un guérisseur brutal !
Enfin, le Calendula représente pour moi le RAYONNEMENT et la JOIE : car cette fleur qui rayonne comme un soleil nous rappelle de profiter de tous les instants comme un chat qui lézarde au soleil. Il nous rappelle de ressentir les rayons du soleil à chaque instant sur notre peau et dans notre coeur, et de transformer cette lumière en sourire, de s’envelopper d’une chaleur agréable et de s’autoriser à rayonner de l’intérieur quand les moments d’abondance se présentent, de profiter de la vie tout simplement…
Alors, n’oubliez pas de semer plein de petits soleils dans votre jardin, à l’arrivée des beaux jours !!
Références/sources :
Luminessens
Christophe Bernard Althea Provence
Jesus Cardenas, docteur en médecine
Paulette Vannier, Passeport Santé
300 plantes médicinales de France et d’ailleurs, Claudine Luu, herboriste et praticienne MTC, et Annie Fournier
Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes»
Secrets d’une herboriste Marie-Antoinette Mulot
L’herboristerie : manuel pratique de la santé par les plantes, Patrice de Bonneval
ELPM
Du bon usage des plantes qui soignent de Jacques FLeurentin
Le Petit Larousse des plantes qui guérissent, de François Couplan et Gérard Debuigne
Traité d’herboristerie énergétique de Matthew Wood
Plantes occidentales et médecine chinoise, Anne Vastel et Sylvie Chagnon